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Revue interdisciplinaire d'études hispaniques

1 | 2011 Pouvoirs et écritures

Nejma Jalal-Kermele

Pouvoir indigène et écriture coloniale : la place du cacique dans les Lois de Don Francisco de Toledo

Article

Cet article a comme finalité l’étude de la réaction de l’État ibérique, dans le Pérou de la seconde partie du xvie siècle, face aux pouvoirs indigènes existants et notamment face aux caciques, chefs locaux dont la collaboration était précieuse mais qu’il fallait pouvoir contrôler. Le vice-roi Don Francisco de Toledo (1569-1581), en réécrivant, d’une part, l’Histoire du monde incaïque et en mettant fin, d’autre part, à l’existence d’un royaume néo-inca rebelle, repensa le rôle de ces chefs indigènes, le restructura pour mieux l’intégrer dans une logique coloniale. Toledo affirma ainsi la volonté de soumettre les Indiens et leurs structures au nouveau modèle colonial imposé par l’Espagne.

Este trabajo tiene como meta estudiar la reacción del Estado español, en el Perú de la segunda parte del siglo xvi, frente a los poderes indígenas existentes y en particular frente al poder de los caciques, estos jefes locales cuya colaboración era sumamente importante pero que era necesario controlar. El virrey Don Francisco de Toledo (1569-1581) reescribió por una parte la Historia incaica y acabó con el Estado neo-inca rebelde de Vilcabamba. Así pudo pensar de nuevo el papel de estos jefes indígenas, reestructurarlo para integrarlo mejor en una lógica colonial. Así fue como Toledo afirmó la voluntad de incorporar mediante la fuerza a los indios en el nuevo modelo colonial impuesto por la Corona española.

Texte intégral

  • 1 Polo de Ondegardo, El mundo de los incas (notables dañ...

  • 2 Juan de Matienzo, Gobierno del Perú : 1567, Paris-Lima...

  • 3 Le mot cacique, originaire des Caraïbes, a été appliqu...

1Le Pérou du xvie siècle fut, sans doute, l’un des lieux majeurs de réflexion et d’écriture du Pouvoir – cette réflexion étant d’une certaine façon consubstantielle au fait colonial. Si le pouvoir s’exerce dans le réel ou veut s’exercer dans le réel, s’il a une finalité concrète, il se pense et s’écrit souvent en amont, faisant ainsi de l’écriture un espace multiple, espace de médiation, de tensions, de stratégies, de débats, faisant donc de l’écriture un véritable lieu de pouvoir. En ce qui concerne l’objet de notre étude, ces lieux de pouvoir sont multiples. Nous pouvons envisager tour à tour lettres officielles, rapports, instrucciones et ordenanzas, mais aussi textes de propagande ou traitant de points précis comme ceux de Polo de Ondegardo1 qui portaient sur l’analyse de l’économie incaïque ou encore ouvrages de réflexion politique comme le fameux Gobierno del Perú de Juan de Matienzo2. Ces textes posent la question de l’altérité et du pouvoir soit passé – pour mieux l’interroger ou le déconstruire –, soit présent – pour mieux le penser et l’adapter aux nécessités nouvelles. Face à cette masse de documents possibles qui marque bien l’importance de l’écrit pour le monde ibérique du xvie siècle, je me suis concentrée sur quelques textes de lois promulgués par le vice-roi Don Francisco de Toledo entre 1569 et 1572, qui permettent à mon sens de dessiner une image de l’Autre – c’est-à-dire ici, bien sûr, de l’Indien – et plus particulièrement de comprendre comment allait s’organiser le pouvoir colonial, un pouvoir qui ne pouvait se construire qu’en contrôlant le pouvoir indigène. Celui-ci était incarné au plan local par le curaca3, c’est-à-dire le chef ethnique traditionnel. Son image, somme toute positive au début de la Conquête, allait se dégrader au fur et à mesure de l’organisation du pouvoir colonial.

Le contexte

  • 4 Francisco Falcón, Representación hecha por el licencia...

2Avant d’aborder le cœur de mon exposé, il me semble nécessaire de rappeler brièvement le contexte qui est tout à fait essentiel pour appréhender les réformes tolédanes. Toledo arriva au Pérou à la fin de l’année 1568, à un moment où la Couronne d’Espagne vivait une situation particulièrement critique, notamment sur le plan économique. L’Amérique devait alors représenter un moyen de remettre cette économie à flot et de poursuivre les engagements de la politique extérieure de Philippe ii. Il fallait donc que la vice-royauté du Pérou devienne plus rentable et, pour cela, plus stable politiquement. Cette nécessité avait fait éclore, depuis le début des années 1560, tout un courant de réflexion – à l’œuvre au Pérou comme en Espagne - qui tentait de penser cette nouvelle société coloniale et de donner à la Couronne des solutions. L’ouvrage de l’auditeur de Charcas, Juan de Matienzo, intitulé El gobierno del Perú – titre programmatique s’il en est – posait ainsi de manière emblématique un état de la société péruvienne et proposait un certain nombre de réformes. Or, le Pérou connaissait une situation particulière, due à la frustration des Espagnols qui tentaient d’oublier leurs rêves de société semi-féodale, à l’instabilité économique générée par la baisse de production des mines d’argent de Potosí, due enfin à l’émergence d’un mouvement millénariste inquiétant parmi les Indiens et à la présence d’un Etat néo-inca rebelle susceptible d’alimenter les espoirs de retour en arrière, portés par une masse indienne exploitée et affaiblie. Dans ce contexte, la question des Justes Titres qui avaient occupé l’Espagne dans les années 1550 était loin d’être réglée. Elle se trouvait donc naturellement au point de départ de nombre de réflexions sur le possible gouvernement du Pérou : le livre de Juan de Matienzo s’ouvrait sur cette question, de même que la fameuse Representación [...] sobre los daños y molestias que se hacen a los indios du licencié Falcón4 écrite à l’occasion du deuxième Concile de Lima (mars 1567-janvier 1568) ; il apparaît clairement, à la lecture de ces textes, que poser la légitimité de la domination castillane était un préalable aux réformes dont le Pérou avait besoin.

  • 5 Si l’on en croit une lettre de Don Francisco de Toledo...

  • 6 Monique Mustapha, « Encore le Parecer de Yucay : essai...

  • 7 Le Parecer de Yucay était daté du 16 mars 1571 tandis ...

3La Couronne avait réagi en convoquant en 1568 une commission : la Junta Magna chargée de réfléchir à la résolution de ces problèmes et de proposer un nouveau modèle politique. Toledo avait assisté aux débats et avait reçu un certain nombre d’Instructions. Il avait été ainsi autorisé à châtier les religieux trop bavards. Il reçut également un peu plus tard le droit de retirer les livres de Las Casas des mains des religieux5. Cela ne suffisait certes pas et le vice-roi entama très tôt une véritable contre-campagne idéologique et ce, parallèlement à sa très longue inspection générale du territoire qui allait lui permettre de légiférer sur le terrain. Il fit réaliser entre 1569 et 1572 une enquête connue sous le nom de Informaciones, enquête qui interrogeait les indiens les plus âgés et les plus susceptibles de répondre aux questions sur le passé incaïque et, notamment, sur la place des chefs ethniques. Dans le même temps, car tout se déroula très vite (en un peu plus de deux ans), le vice-roi fit rédiger par son cousin Fray García de Toledo6 le fameux Parecer de Yucay et par Sarmiento de Gamboa un texte intitulé la Historia Indica qui voulait être une nouvelle histoire du passé incaïque, censée répondre à la Historia de las Indias de Las Casas7. Dans la mesure où, chez Toledo, l’idéologie était réellement au service d’un projet colonial et d’une pratique, il tira toutes les conséquences des réflexions menées auparavant. Au centre, se trouvait entre autres le cacique, dont le rôle essentiel auprès des Indiens était parfaitement compris par le vice-roi qui allait chercher à l’asservir au système colonial qu’il devait mettre en place.

Le discours de Don Francisco de Toledo

4Le vice-roi allait construire un discours qui visait à dévaloriser les chefs ethniques dont il se méfiait en raison de leur influence et de leur rôle, notamment au sein du Taqui Onkoy. Il reprit pour ce faire les accusations habituelles de tyrannie, topiques déjà chez nombre d’auteurs – pensons à Matienzo – ainsi que dans les Instructions données par la Couronne en 1568 à Toledo. Notons à cet égard que le passage était identique dans les Instructions données précédemment au Marquis de Cañete. Il s’agissait d’un leitmotiv ancré dans le discours législatif :

  • 8 Lewis Hanke, Los virreyes españoles en América durante...

También he sido informado que en dichas provincias del Perú los caciques usan gran tiranía con sus indios en que los hacen tributar, especialmente después que los españoles entraron en aquella tierra y porque por una cédula nuestra está mandado al presidente y oidores de la audiencia real de dichas provincias que se informen qué servicios tributos vasallaje llevan dichos caciques a sus indios, y por qué causa y razón, y si hallaren que se lleva injustamente, y que no tienen buen título para llevarlos, provean lo que conviniere y sea justicia, y que si lo llevaren con bien título y los tributos fueren excesivos, los moderen y tasen conforme a justicia, de manera que los dichos indios no sean fatigados por sus caciques, la cual os mando entregar. Tendréis cuidado, llegado que seáis a aquella tierra, de hacer que se guarde y cumpla dicha cédula y de no dar lugar a que dichos indios sean fatigados por sus caciques.8

5Ce texte ne mettait cependant pas en cause la qualité de ‘seigneur naturel’ des caciques :

  • 9 Ibid.

Otrosi. He sido informado que a causa de las necesidades que han puesto a los que aquella tierra han gobernado, y de contentar a muchos, se han desmembrado del dominio de casi todos los caciques muchos indios en que se ha hecho algún agravio a los señores naturales. Y porque es bien que esto se remedie y no se haga, y sean restituidos los señores naturales y caciques en sus indios, según antes los tenían, estaréis advertido que todas las veces que tales indios vacaren se vuelvan al dominio de los caciques naturales de ellos cuyos eran, y si los indios que se volvieren a tales caciques fueren de tanto provecho que se sufra tener más de un encomendero, podéis encomendarlos a dos o tres encomenderos, como os pareciere convenir.9

  • 10 Monique Alapperine-Bouyer, « Recurrencias y variacion...

  • 11 Ibid.

  • 12 Guillermo Lohmann Villena et María Justina Sarabia Vi...

6C’est sur ce point que Toledo allait agir. Les Informaciones allaient permettre d’établir l’origine tyrannique du pouvoir caciqual. Le cacique allait donc être dans les textes du vice-roi et de ses collaborateurs à la fois des tyrans d’exercice et des tyrans d’origine, ce qui allait conduire à affirmer la fragilité du titre de curaca. Il est certain que Toledo n’inventait rien, il reprenait des accusations anciennes mais leur donnait une caution : celle de l’enquête. Il y avait eu en effet des antécédents. Monique Alapperine cite, dans l’un de ses articles, la Instrucción para los sacerdotes que se ocuparen de la conversión de los Indios del Perú de Fray Diego de Porras10, qui montre que l’autorité des caciques pouvait être contestée11. Toledo allait finaliser et surtout généraliser un certain nombre de choses en s’appuyant sur ce qu’il considérait comme des preuves. En effet, tel était le rôle assigné aux Informaciones qui avaient été elles-mêmes précédées par la Visita, puisque Toledo demandait aux visitadores d’enquêter sur les curacas, sur la transmission et sur la légitimité de leur pouvoir. Cette légitimité allait obéir avec Toledo à des critères bien précis que l’on peut schématiquement réduire au nombre de deux : soumission au pouvoir espagnol et conversion à la foi catholique. Un document paraît tout à fait emblématique des exigences du vice-roi ; il s’agit d’un texte de nomination d’un cacique qui date de 1575 et qui résume toute la pensée de Don Francisco de Toledo sur ce thème12. Ce document détaillait les nouvelles modalités d’accession au pouvoir pour les caciques en affirmant notamment qu’elles étaient calquées sur des procédés incaïques antérieurs. Le discours, manipulateur et pragmatique, rappelait la tyrannie du gouvernement inca mais validait ici une pratique particulière jugée bonne. On remarquera, à ce propos, l’usage de la parole ou de l’expérience indigène, toujours médiatisée, manipulée et finalement mise au service de la politique coloniale :

  • 13 « Nombramiento de Don Hernando Pillohuanca como curac...

Y que a los caciques que se hallaren que son idólatras y predicadores confesores de idolatrías o de hechicerías o de otras supersticiones y que consintieren que los haya no los castigando ni desterrando y quitando los ídolos que hubiere, pierdan los dichos cacicazgos para que no los tengan ni puedan tener ni obtener y por el mismo caso sean desterrados de sus naturales y se dé noticia de ello al Gobernador que fuere de este Reino para que provea otro cacique de buen ejemplo, habilidad y cristiandad en la forma susodicha que es en la costumbre y posesión que se halló que sucedían los dichos caciques cuando esta tierra se descubrió y conquistó, sin embargo de que procedía de hombres tiranos, ha parecido que lo que en esto hacían era bueno y que se debía mandar así […]13

Du discours à la pratique : l’écriture des Lois de Don Francisco de Toledo

7Les modalités pratiques de cette réduction du pouvoir caciqual peuvent être observées à travers les lois établissant les réformes fondamentales de Toledo à l’égard du monde indigène. J’en envisagerai deux qui me semblent essentielles. Il s’agit d’une part de la réforme-pivot des Reducciones – c’est-à-dire la réforme de l’habitat indigène qui se traduisit par le regroupement des Indiens en villages construits sur le modèle ibérique – et de la réforme fiscale que le recensement réalisé lors de la Visita allait permettre de mettre en place. Certes, ces réformes étaient étroitement imbriquées avec d’autres, mais elles permettent d’observer les concepts qui régissaient les relations entre le pouvoir et le monde indigène.

  • 14 Nous empruntons ce terme aux travaux de Serge Gruzins...

8L’analyse des textes sur les Reducciones est, à cet égard, particulièrement intéressante car elle codifie une relation de pouvoir entre deux groupes (dominés/ dominants) clairement identifiés, les Indiens et les Espagnols. Assurément, la Reducción a comme but de faciliter l’évangélisation, mais aussi l’Occidentalisation14, le contrôle politique global et de rendre accessible une main-d’œuvre nécessaire. Dans ce processus, le cacique est perçu à la fois comme un frein et comme un intermédiaire obligé. Pour l’ancrer dans ce rôle, les lois allaient tenter de l’hispaniser en proposant – et c’est là une idée récurrente – aux enfants de caciques une école, dans laquelle l’enseignement du castillan serait assuré par des indiens ladinos, qui, selon Toledo – et cette remarque ne manque pas de surprendre – abondent au Pérou :

  • 15 « Ordenanzas generales para la vida comun en los pueb...

Item, ordeno y mando que en cada repartimiento haya casa de escuela para que los muchachos, especialmente los hijos de los caciques, principales y demás indios ricos, se enseñen a leer y escribir y hablar la lengua castellana como Su Magestad lo manda, para lo cual se procure un indio ladino y hábil, de que hay bastante número en todas partes, que sirva de maestro en la dicha escuela […]15

  • 16 Monique Alapperine-Bouyer, La educación de las élites...

  • 17 Ibid.

9Instruire les enfants de curacas, c’était à la fois assurer leur conversion et celle de leurs subordonnés en tablant sur l’autorité naturelle des caciques ; l’idée était ancienne et allait se prolonger notamment avec Toledo par les tentatives de création des collèges de caciques16. C’était donc faire des curacas des intermédiaires privilégiés entre les Indios del común et les Espagnols, flatter l’amour propre de ces chefs qui voyaient leur pouvoir s’amoindrir de jour en jour – pensons à cet égard à l’introduction du corregidor en 1563 –, et c’était aussi les éloigner des ayllus17. Mais ces lois tolédanes limitaient de fait l’acculturation des caciques, en ne les autorisant pas à opter, par exemple, pour un costume autre que le leur, en leur interdisant de se faire transporter en litière comme du temps des Incas et en ne concédant qu’à une faible partie d’entre eux le droit de monter à cheval comme un Espagnol, interdictions symboliques, lourdes de sens pour la population indigène. La politique tolédane renforçait les clivages existant non seulement au sein de la société coloniale divisée artificiellement en República de Indios / República de Españoles mais aussi au sein de la société indigène elle-même. Par ailleurs, conformément aux Instructions qu’il avait reçues, Toledo tenta d’instaurer un cabildo indigène, pensé sur le mode ibérique :

  • 18 « Instrución General para los visitadores. Ciudad de ...

[…] porque Su Magestad manda que se hagan alcaldes y regidores y alguaciles de los indios y se les ordene república con que se gobiernen al modo de los españoles, proveeréis en cada repartimiento cómo se elija, en cada un año oficiales de justicia con jurisdicción limitada […] en las partes y lugares donde no hubiere elegidos alcaldes y los demás oficiales de justicia, los elegiréis vos por el primer año.18

10Cette idée non plus n’était pas nouvelle, puisque Polo de Ondegardo était favorable à la création d’Alcaldes et de regidores indiens, et que Matienzo préconisait d’installer dans chaque repartimiento un indien ladino originaire d’une autre province, qui arborerait la fameuse vara de justicia, qui aurait le titre de corregidor et qui muterait tous les deux ans. De plus, il y avait eu quelques tentatives antérieures de nomination d’alcaldes indigènes. Toledo reprit donc cette idée en inscrivant la construction de cette nouvelle institution dans la durée, arguant du peu d’habitude des Indiens :

  • 19 « Ordenanzas particulares para los pueblos de indios ...

[…] porque a los dichos indios les será dificultoso de acabar de entender cómo han de hacer la dicha elección en la forma sussodicha si los dichos corregidores no se la diesen ahora a los principios a entender y declarar hallándose presente a ella hasta que de por sí lo pudiesen hacer los dichos indios.19

  • 20 Roberto Levillier, Gobernantes del Perú. Cartas y pap...

11Cela dit, le rôle de ce cabildo restait fortement codifié : il devait exercer une activité judiciaire et administrative restreinte, sous contrôle espagnol, et surtout veiller à l’application des nouvelles normes. Il apparaît clairement que cette institution visait à développer, parallèlement à l’institution caciquale, une autre autorité indigène. Toledo avait cependant conscience du fait que le cacique s’inscrivait dans un passé, dans une sacralité et ne pouvait être oblitéré sans autre forme de procès. En créant une nouvelle forme de gestion du pouvoir politique indigène et en réduisant parallèlement les privilèges des curacas, le vice-roi marquait sa volonté de les cantonner dans un rôle d’auxiliaire tout en reconnaissant leur importance comme relais de l’organisation économique : « Por muchas cosas es forçoso que los naturales sean governados por medio de sus caciques curacas y principales segun que con ellos los yngas los conservaron en su buen gobierno »20. Car les chefs ethniques étaient au cœur de l’activité économique qui allait, avec Toledo, s’organiser autour de la Mita, travail obligatoire, impensable sans la collaboration des caciques, chargés de l’organiser. Ils devaient déclarer également le nombre d’Indiens susceptibles de payer l’impôt. Mais cela n’empêchait pas le vice-roi de construire sans cesse leur image négative, pour mieux en jouer bien sûr, en les accusant de vol et d’oppression. Les curacas joueraient notamment de leur pouvoir pour infliger aux Indiens un travail dans les mines afin de payer le tribut mais ce labeur était effectué en vain car les curacas conservaient l’argent pour eux et forçaient les autres Indiens du repartimiento à travailler pour payer. Détournement de fonds, abus de confiance, recherche du profit personnel à défaut du bien-être de la communauté, voilà qui confirmait l’image tyrannique du cacique :

  • 21 « Instrucción y ordenanzas para los veedores de las m...

[…] por cuanto en esta visita general que voy haciendo estoy informado que de muchos repartimientos los caciques principales envían a esta villa indios por cierto tiempo para que trabajen en las minas y otras cosas y ganen para la paga de las tasas que los dichos repartimientos tienen y los dichos indios están el dicho tiempo en este dicho asiento y van enviando la plata que los dichos caciques les obligan para la paga de las dichas tasas, mucha parte de lo cual soy informado que roban y toman los dichos caciques y que después reparten la tasa entre los demás indios del dicho repartimiento y muchas veces se quedan con lo uno y lo otro […].21

  • 22 « […] vos mando que procedáis contra los encomenderos...

  • 23 « Instrucción general para los visitadores, Ciudad de...

12Pour remédier aux abus des curacas et des encomenderos – mis ici sur le même plan22 – envers les indigènes « habiendo de ser ellos los que habían de procurar su bien y conservación »23, il convenait tout d’abord de poursuivre les contrevenants. Le recensement, première étape préalable à la taxation, impliquait obligatoirement les caciques qui devaient déclarer tous les Indiens sous leur commandement. En cas de mensonge, ils s’exposaient à perdre leur titre. La loi date de 1570 et permet de voir que, pour le vice-roi, l’idée d’une possible destitution des caciques préexistait bel et bien aux Informaciones, contrairement à ce qu’il put affirmer ultérieurement. Par ailleurs, la Couronne s’interrogeait sur les habitudes fiscales des Incas :

  • 24 Ibid.

Por otra [cédula] nos manda VM que no se exsenten ningunos indios de pagar tributo ni hijos de caciques de los que les pagavan en razon de lo cual mando escrivir luego a todos los visitadores porque en el audiencia se avian dado hidalguias a lugares enteros y como VM avra entendido por las Ynformaciones que he ymbiado por ellas parece que los mismos caciques pagavan tributo a los yngas aun de sus mismos hijos que los ymbiavan y en esta tierra a avido gran corrupcion y descuido ansi en estos yanaconas como en mucho número de yndios que se han dado y andan sin pagar tributo fugitivos y yanaconas como a VM esta dada razon en particular y del tributo que se les a hechado y va hechando para Vuestra Real Corona... 24

  • 25 Noble David Cook, Tasa de la Visita General de Franci...

13Il s’agissait de savoir si les curacas payaient ou non un impôt. Le désir de Philippe ii était, bien entendu, de voir s’accroître le nombre de tributaires. Toledo allait donc réduire le nombre de privilégiés. Comme il ne pouvait, sans provoquer de remous, toucher aux privilèges des Espagnols, même non-hidalgos, la seule catégorie susceptible de voir sa condition changer était celle des Indiens, d’où l’insistance de Toledo qui tentait de déterminer quels étaient les véritables chefs indigènes et de supprimer tous ceux qui pouvaient être considérés comme inutiles. La réforme de Toledo aboutissait à la concentration du pouvoir entre les mains des seuls caciques nécessaires. Le nombre de chefs indigènes par repartimiento était toujours précisé dans la tasa de Toledo25. La classe des curacas devait être réduite pour pouvoir être contrôlée de façon plus efficace. L’enjeu politique était clair, l’enjeu économique également. Toledo commençait d’ailleurs par rappeler que la nombreuse parentèle des curacas devait être touchée par l’impôt, ce qui n’était pas le cas. Cela constituait, selon le vice-roi, une grave injustice dont les conséquences retombaient inévitablement sur les Indiens tributaires. Quant aux fils des curacas, ils furent tous dispensés de servicio personal – ce qui était une manière de reconnaître leur appartenance à une classe noble indigène – mais pas de l’impôt. De fait, seuls le cacique et son fils aîné furent dispensés de tribut, ce qui démontrait que les nobles indiens ne pouvaient être confondus avec les hidalgos espagnols :

  • 26 Sic.

  • 27 « Ordenanzas particulares para los pueblos de indios ...

Item, porque en el dicho repartimiento y en los demás que se han visitado había muchos indios que por ser hijos y parientes de caciques no pagaban tasa ni servían en servicios personales y la tasa que ellos habían de pagar, con ser por la mayor parte de indios ricos y de mucho posible, cargaba sobre los indios pobres que habían de ser relevados en parte de ella, lo cual yo mandé a los visitadores deshicieren el agravio y quitaren los mandones y principales que hubiese superfluos y demasiados en los ayllus y parcialidades de cada repartimiento y solamente les dejasen los necesarios para el gobierno de los dichos ayllus y parcialidades y los demás pagasen tasa, sin que ninguno de ella26 fuese relevado, y porque alguno de los dichos mandones y principales son hijos de los caciques principales que han sido o son al presente y éstos, aunque han de pagar tasa si no fuere el hijo mayor que le haya de suceder en el cacicazgo, que este no ha de pagar tasa, y los demás que se reservan por la dicha nueva tasa, no parece justo que sirvan en servicios personales de tambos, plazas, puentes y otros semejantes, por tanto ordeno y mando que los dichos hijos o descendientes de los dichos caciques paguen todos su tasa como está dicho y que sean reservados de los dichos servicios personales, con tanto que sean hijos de los dichos caciques y de sus hermanos legítimos que hayan sido hasta la dicha Visita General principales y mandones de los dichos ayllus y parcialidades.27

Conclusion

  • 28 Il est évident que la législation sur les caciques n’...

  • 29 Bartolomé Álvarez, De las costumbres y conversión de ...

14Les curacas se retrouvaient donc à la charnière entre deux mondes et au cœur des changements qu’impliquait l’instauration d’un véritable pouvoir colonial, qui se voulait plus structuré et plus global. Contraints de s’acculturer en partie pour répondre à ces nouvelles exigences, ils se virent contraints d’abandonner une part de leur pouvoir. Ce processus déjà en germe s’accéléra – comme j’ai tenté de le montrer – sous le gouvernement de Don Francisco de Toledo qui voulut, en fixant l’image du ‘cacique tyran’, instaurer une conception définitive du curaca et de son rôle. Il resterait bien entendu à étudier de manière diachronique la portée réelle d’une telle volonté28. Je voudrais donner, pour terminer ce bref tour d’horizon, l’opinion du père Bartolomé Álvarez qui, dans un Memorial à Philippe ii écrit entre 1587 et 1588, jugeait la société péruvienne après Toledo et après le iiie Concile de Lima (1582-1583)29.

15Bartolomé Álvarez dessinait dans son ouvrage un portrait extrêmement négatif des Indiens et des caciques, en reprenant avec une virulence accrue tous les topiques connus. Il les jugeait incapables, par exemple, de recevoir les sacrements et pensait – comme Toledo – que la mise en place d’une Inquisition destinée aux Indiens serait une bonne chose. Pour le père Álvarez, les Indiens manifestaient un véritable refus politique face aux valeurs du christianisme et il affirmait que l’attitude paternaliste des Jésuites n’était en rien une solution. De fait, Álvarez soutenait que pour les Indiens, la culture occidentale était impossible à accepter et que seule la force pourrait remédier à la situation. Il allait jusqu’à comparer l’influence de certains dogmatizadores et curacas avec celle d’hérétiques comme le docteur Agustín Cazalla, condamné lors de l’autodafé de Valladolid de 1559 :

  • 30 Ibid., p. 135.

Por la misma orden que en España pretendió Cazalla pervertir al pueblo católico, pretenden los curacas pervertir y atraer al pueblo ignorante a sus opiniones.
Cazalla pretendió con su falsa predicación aplacar a la gente viciosa y sucia [e] ignorante, enseñándole libertades en el modo de vivir, desordenado y pésimo, para atraer los ánimos de las gentes, incitándoles a nuevo bando por la pretensión del nuevo imperio y ambición mundana infernal.
[...] Por el mismo camino, los curacas favorecen [y] sustentan la idolatría y todas sus antiguas ceremonias y suciedades ; máxime porque ven y conocen que se les ha quitado parte del imperio que tenían y, deseosos de sustentarse en él, persuaden al pueblo de la perseverancia en sus ritos. Y para ayuda suya favorecen y esconden [a] los viejos, que todos los tienen como a padres venerables, y así los aman y obedecen.30

16Par ailleurs, Álvarez soulignait que, quels que soient les abus de caciques, les Indiens del común seraient toujours leurs alliés inconditionnels et que cette entente se trouvait renforcée par leur haine commune des Espagnols :

  • 31 Il vient de parler de la « mala vida » des caciques.

  • 32 B. Álvarez, op. cit.

De todo este proceso31 se deja entender el grave daño que viene a toda la tierra [por causa] del imperio de los curacas, del cual – aunque digo mucho – no digo lo que hay, porque no se puede alcanzar todo lo que hay secreto entre los indios y los curacas. Porque en efecto se aman unos a otros, y a nosotros aborrecen como a enemigo común, de suerte que [los indios] muchas veces sufren daño y agravios – como [si fueran] de otros – que no los quieren decir ni pedir remedio, por no obligarse y por no tener que agradecer, o por no ver castigar al de su nación. Entre éstos [las víctimas] hay algunos pocos que quieren más su interés que [a] su prójimo, y a veces piden [remedio].32

17En assimilant l’attitude des Indiens à celle des protestants, Bartolomé Álvarez montrait que la résistance à l’évangélisation avait aussi une résonance politique certaine et que la collusion des Indiens del común et des caciques était le résultat d’une histoire et d’une confrontation avec une pensée coloniale dont le vice-roi Toledo fut sans aucun doute l’un des meilleurs représentants. Toledo mit en place, en effet, une série de réformes qui visaient à instaurer au Pérou une nouvelle politique plus pragmatique. En déconstruisant l’Histoire et l’image des caciques par l’écriture des lois et des textes de propagande et en exécutant le dernier Inca rebelle en 1572, Toledo voulut affirmer que le monde indigène n’était pas irréductible, que son pouvoir était maintenant soumis et qu’il était possible, en définitive, d’écrire pour lui et pour le monde ibéro-américain une nouvelle page d’Histoire coloniale.

Bibliographie

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_____________________________, La educación de las élites indígenas en el Perú colonial, Lima : IFEA-Instituto Riva Agüero, 2007, 545 p.

______________________________, « Les collèges de caciques de Lima y de Cuzco : promesses et réalités d’une éducation controversée », in : Nejma Kermele, Bernard Lavallé (coord.), l’Amérique en projet : utopies, Controverses et réformes dans l’Empire Espagnol (xvie- xviiie siècle), Paris : L’Harmattan, 2009, p. 99-113.

________________________________, « Education des élites indiennes dans le Pérou colonial : de la marge à l’effacement », in : Louise Bénat-Tachot, Bernard Lavallé, Marges et Liminalité dans le monde hispanique et hispano-américain (xvie- xxe), Paris : Le Manuscrit, 2011.

Álvarez, Bartolomé, De las costumbres y conversión de los indios del Perú. Memorial a Felipe ii (1588), Madrid : Ediciones Polifemo, 1998, 608 p.

Bernard, Carmen, Gruzinski, Serge, Histoire du Nouveau Monde, Paris : Fayard, 1991-1993, 2 tomes, 768 p. et 791 p.

Cook, Noble David, Tasa de la Visita General de Francisco de Toledo (Introducción y versión paleográfica de...), Lima : Universidad Mayor de San Marcos, 1975, 341 p.

Falcón Francisco, Representación hecha por el licenciado Falcón en concilio provincial, sobre los daños y molestias que se hacen a los indios. Coll de documentos inéditos par la historia de América y Oceanía, 1864-1884, vol. VII, p. 451-495.

Gruzinski, Serge, La pensée métisse, Paris : Fayard, 1999, 345 p.

Hanke, Lewis, Los virreyes españoles en América durante el gobierno de la Casa de Austria, Perú, I, Madrid : Atlas, 1978, B.A.E, t. CCLXXX, 296 p.

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Lohmann Villena, Guillermo, Sarabia Viejo, María Justina, Francisco de Toledo. Disposiciones Gubernativas para el virreinato del Perú, Sevilla : Escuela de Estudios Hispano-americanos, 1989, 2 vol. , 1007 p. et 1007 p.

Matienzo, Juan de, Gobierno del Perú : 1567, Paris-Lima : Institut Français d’Études Andines, 1967, t. XI, 366 p.

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Ondegardo, Polo de, El mundo de los incas (notables daños de no guardar a los indios sus fueros), no 58, Madrid : Historia 16, 1990, 173 p.

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Sarmiento de Gamboa, Pedro, Historia índica (historia de los incas), Madrid : ed. Miriguano, ed. Polifemo, 1988, 191 p.

Notes

1 Polo de Ondegardo, El mundo de los incas (notables daños de no guardar a los indios sus fueros), no 58, Madrid : Historia 16, 1990.

2 Juan de Matienzo, Gobierno del Perú : 1567, Paris-Lima : Institut Français d’Etudes Andines, 1967, t. XI.

3 Le mot cacique, originaire des Caraïbes, a été appliqué ensuite dans toute l’aire hispano-américaine, remplaçant même le terme de curaca au Pérou. Notons que Matienzo définit le terme de la façon suivante : « Caciques, curacas y principales son los príncipes naturales de los indios, y los que los gobiernan y mandan con muy gran concierto, aunque con muy gran tirania... ». Juan de Matienzo, ibid., p. 20. Dans les textes de Toledo, le terme cacique semble plus récurrent que celui de curaca. Nous utiliserons les deux termes en alternance.

4 Francisco Falcón, Representación hecha por el licenciado Falcon en concilio provincial, sobre los daños y molestias que se hacen a los indios. Coll de documentos inéditos par la historia de América y Oceanía, vol. VII. 1864-1884.

5 Si l’on en croit une lettre de Don Francisco de Toledo datée de mars 1572, le projet de retirer les livres de Bartolomé de Las Casas du Pérou datait de la Junta Magna mais le Conseil des Indes s’y était opposé. Toledo pensait que ce retard avait été fort dommageable. Le vice-roi se déclarait prêt à les récupérer mais il soulignait la difficulté de l’opération. Les religieux n’étaient pas tenus de lui obéir sur ce point, et c’est pourquoi le vice-roi réclamait une autorisation particulière. Il semble que Toledo ait obtenu satisfaction.

6 Monique Mustapha, « Encore le Parecer de Yucay : essai d’attribution », Ibero-Amerikanisches Archiv, 3, 1977.

7 Le Parecer de Yucay était daté du 16 mars 1571 tandis que la Historia Indica fut terminée à la fin du mois de février 1572. Le 29 février, Sarmiento de Gamboa remit son Historia à Don Francisco de Toledo. Celui-ci chargea le Docteur Loarte de réunir des Indiens représentants des douze ayllus de Cuzco pour leur lire le texte. Leur rôle consistait à ratifier les assertions de Sarmiento de Gamboa. Le 2 mars, tous étant d’accord, l’ouvrage fut déclaré terminé et Gamboa mit un point final à son introduction le 4 mars 1572. Le texte fut envoyé en Espagne, accompagné d’une série de toiles peintes qui illustraient de manière fort expressive les théories développées dans les deux ouvrages suscités.

8 Lewis Hanke, Los virreyes españoles en América durante el gobierno de la Casa de Austria, Perú, Madrid : Atlas, 1978, I, B.A.E, t. CCLXXX, p. 82.

9 Ibid.

10 Monique Alapperine-Bouyer, « Recurrencias y variaciones de la imagen del cacique », Máscaras, tretas y rodeos del discurso colonial en los Andes, Lima : IFEA, 2005.

11 Ibid.

12 Guillermo Lohmann Villena et María Justina Sarabia Viejo, Francisco de Toledo. Disposiciones Gubernativas para el virreinato del Perú, Sevilla : Escuela de Estudios Hispano-americanos, 1989, t. II, p. 113-116.

13 « Nombramiento de Don Hernando Pillohuanca como curaca de Carabuco. Arequipa, 17 de septiembre de 1575 », Ibid.

14 Nous empruntons ce terme aux travaux de Serge Gruzinski. Voir Serge Gruzinski, La pensée métisse, Paris : Fayard, 1999.

15 « Ordenanzas generales para la vida comun en los pueblos de indios. Arequipa, 6 novembre 1575. Título VIII. Ordenanza III », Guillermo Lohmann Villena, María Justina Sarabia Viejo, op. cit., t. II, p. 251.

16 Monique Alapperine-Bouyer, La educación de las élites indígenas en el Perú colonial, Lima : IFEA-Instituto Riva Agüero, 2007 et « Education des élites indiennes dans le Pérou colonial : de la marge à l’effacement », in : Louise Bénat-Tachot, Bernard Lavallé, Marges et Liminalité dans le monde hispanique et hispano-américain (xvi-xx), Paris : Le Manuscrit, 2011.

17 Ibid.

18 « Instrución General para los visitadores. Ciudad de Los Reyes. 1569-1570 », Guillermo Lohmann Villena, María Justina Sarabia Viejo, op. cit., t. I, p. 36.

19 « Ordenanzas particulares para los pueblos de indios del distrito de La Paz. Arequipa, 6 de noviembre de 1575 », ibid., t. II, p. 205.

20 Roberto Levillier, Gobernantes del Perú. Cartas y papeles del siglo xvi, Madrid : Ribadeneyra, 1921-1926, 14 vol., p. 344.

21 « Instrucción y ordenanzas para los veedores de las minas e ingenios de Potosí. Potosí, 18 de abril de 1573 », G. Lohmann Villena, M. J. Sarabia Viejo, op. cit., t. I, p. 275.

22 « […] vos mando que procedáis contra los encomenderos, caciques y principales y otras personas que hubieren excedido de las tasas que hasta aquí han tenido, o hubieren hecho malos tratamientos y otros agravios en cualquier manera, procediendo contra ellos, haciendo las informaciones y averiguaciones necesarias para saber y averiguar la verdad, castigando a los culpados[…] », ibid., p. 8.

23 « Instrucción general para los visitadores, Ciudad de Los Reyes, 1569-1570 », G. Lohmann Villena, M. J. Sarabia Viejo, op. cit., t. I, p. 8.

24 Ibid.

25 Noble David Cook, Tasa de la Visita General de Francisco de Toledo (Introducción y versión paleográfica de...), Lima : Universidad Mayor de San Marcos, 1975.

26 Sic.

27 « Ordenanzas particulares para los pueblos de indios del distrito de La Paz, Arequipa, 6 de noviembre de 1575 », Guillermo Lohmann Villena, María Justina Sarabia Viejo, op. cit., p. 214-215.

28 Il est évident que la législation sur les caciques n’avait pas commençé avec Don Francisco de Toledo et elle ne s’arrêta pas avec lui. Notons que tout le titre sept du livre 6 de la Recopilación de Indias de 1680 est consacré aux caciques. Voir également les Ordenanzas de l’auditeur González de Cuenca de 1566.

29 Bartolomé Álvarez, De las costumbres y conversión de los indios del Perú. Memorial a Felipe ii (1588), Madrid : Ediciones Polifemo, 1998.

30 Ibid., p. 135.

31 Il vient de parler de la « mala vida » des caciques.

32 B. Álvarez, op. cit.

Pour citer ce document

Nejma Jalal-Kermele, «Pouvoir indigène et écriture coloniale : la place du cacique dans les Lois de Don Francisco de Toledo», [En ligne], Numéros en texte intégral /, Pouvoirs et écritures, mis à jour le : 10/12/2017, URL : https://revues.univ-pau.fr/abay/215.

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Université de Pau et des Pays de l’Adour