Aller à la navigation | Aller au contenu

Les Cahiers de Didactique des Lettres
Revue de didactique des savoirs et des savoir-faire pour l'enseignement du français

Projets de séances et de séquences

Julie Gallego

« Ceci n’est pas censé être un journal… » : les récits de vie(s) de Calamity Jane, entre lettres et images

Article

Résumé

Le recueil des Lettres à sa fille, dont on ne sait avec certitude s’il faut l’attribuer ou pas à la célèbre Calamity Jane, offre un réel intérêt pour un travail liant littérature et images en collège, et plus précisément en classe de quatrième. Ouvrant le champ à une réflexion sur le genre épistolaire, cette œuvre présente aussi l’avantage de permettre aisément une ouverture ou une spécialisation vers l’étude de l’image, sous des formes suffisamment diverses pour que l’enseignant choisisse celles qui lui sembleront les plus pertinentes pour l’orientation de sa séquence. Deux arts visuels se distinguent par leur importance pour ce recueil : la photographie et la bande dessinée. Il peut être également intéressant de recourir à un support pédagogique moins fréquent, la chanson, car le personnage de Calamity Jane a inspiré de nombreux artistes. Le texte des Lettres pourra donc se donner à voir et à entendre dans une séquence où la liberté de (re)création sera comme un écho à la vie peu ordinaire du personnage historique que découvriront les élèves.

Texte intégral

« Bien des femmes pittoresques ont gravé leur joli nom dans l’histoire du Far West… Mais aucune n’occupe la place privilégiée réservée à Calamity Jane dans la prodigieuse légende de l’Ouest. »

(René Goscinny et Morris, Lucky Luke – Calamity Jane)

Image1Martha Jane Cannary 3. Les Années 1877-1903 de Blanchin et Perrissin ©Futuropolis 2012.

1Beaucoup de gens connaissent le nom de Calamity Jane mais cette connaissance se limite bien souvent à quelques idées reçues autour du personnage. Elle est associée, dans l’imaginaire collectif, à un Far West mythique, parfois loin de la réalité, celui, pêle-mêle, des cow-boys, des Indiens, de la ruée vers l’or, de Billy the Kid, de Jesse James, des Daltons, sans que le grand public ne sache trop bien si elle était plutôt du côté des « gentils » shérifs ou des « méchants » hors-la-loi. Et notre perception du personnage, à nous, lecteurs francophones, est sans nul doute assez différente de celle des Américains : pour eux, elle est d’abord un personnage historique mais parmi d’autres femmes de l’Ouest, telles Annie Oakley ou Belle Starr, puis un personnage apparu régulièrement dans les journaux et sur grand écran ; pour les lecteurs francophones, elle est d’abord un personnage folklorique et littéraire, puisque la première (et parfois la seule) rencontre avec Calamity Jane passe par l’album éponyme de la célèbre série Lucky Luke, une histoire parue en 1967 et signée Morris et Goscinny.

2Calamity Jane est un personnage historique qui est devenu légende en jouant déjà sur sa propre image de son vivant, par la mise en scène de ses photographies et le récit de sa vie dans la presse illustrée ; et toutes les représentations artistiques ultérieures en ont subi l’influence. Elle devient aux xxe et xxie s. une héroïne tantôt comique, tantôt mélancolique, mais le plus souvent éprise d’indépendance. Le personnage apparaît dans des westerns, des séries télévisées, sur la scène théâtrale, dans des romans jeunesse, dans la bande dessinée franco-belge patrimoniale mais aussi dans des romans graphiques récents, et il donne même de la voix en chanson, en français et en anglais.

3Et c’est un retour aux sources du mythe qui peut être fait dans le cadre du cours de français en collège, lors d’une séquence sur la lettre, par le biais d’un travail sur l’ouvrage qui lui est traditionnellement attribué, les Lettres à sa fille, l’étude d’extraits suivis permettant de travailler sur les dispositifs énonciatifs de la lettre, en recontextualisant les Lettres dans leur époque de création et en s’intéressant aux œuvres ultérieures qu’elles ont suscitées, notamment visuelles. Notre article n’aura donc pas comme objet spécifique l’image mais plutôt l’intégration de l’étude de l’image à une séquence plus large et son association à d’autres supports.

1. Pourquoi (faire) lire Les Lettres à sa fille de Calamity Jane ?

4Cette première partie comporte un certain nombre d’informations dont la connaissance sera utile au professeur lors de sa préparation d’une séquence sur l’œuvre. Cette synthèse des différents problèmes posés par les Lettres à sa fille se veut un outil de travail mais ne peut être utilisée telle quelle devant des élèves ; elle permettrait plutôt à l’enseignant de compléter ou de nuancer le contenu de certaines lettres, lors du travail qui sera fait en classe sur le recueil.

1.1. De l’édition féministe à l’édition scolaire : le parcours étonnant d’une œuvre

5Il convient tout d’abord de préciser ici quelques données éditoriales sur l’œuvre, tant son parcours est atypique.

6Il est ainsi important de noter que le premier éditeur français de Calamity Jane’s letters to her daughter, les Éditions Tierce, est une maison d’édition féministe, fondée en 1977 par Françoise Pasquier. Liliane Kandel, dans un article sur l’édition féministe, fait la remarque suivante :

Nombre des livres qu’elle [Liliane Pasquier] publia étaient directement issus des luttes des femmes – sur les mutilations sexuelles, sur le travail, sur la contraception ou l’IVG, le viol, ou le travail des femmes –, ils s’y inscrivaient, les infléchissaient, ou en retraçaient l’histoire (celle du Planning Familial par exemple) […]. Elle recherchait tout aussi passionnément des textes de femmes vivant sous d’autres cieux : femmes africaines, soviétiques, musulmanes, ou encore des textes tombés dans l’oubli : les lettres de Calamity Jane […]1.

7C’est donc avec cet état d’esprit de militante féministe et cette ligne éditoriale claire que Françoise Pasquier publia rapidement son sixième livre, les Lettres. Et il est à cet égard tout à fait intéressant de regarder l’ouvrage publié la même année et l’année suivante :

  • Mouvement français pour le planning familial, Contraception et avortement : le droit des femmes : bilan, analyses et propositions, Tierce, 1979 (5e livre),

  • Jane, Calamity, Calamity Jane : lettres à sa fille : 1877-1902, Tierce, 1979 (6e livre),

  • Feldman, Jacqueline, La Sexualité du « Petit Larousse » ou le Jeu du dictionnaire, Tierce 1980 (7e livre)2.

8Dans l’histoire de l’édition française, les Lettres à sa fille sont donc conçues comme une pierre à l’édifice de la reconnaissance du droit des femmes. Les éditions ultérieures reposent toutes sur cette première traduction de Marie Sully parue aux Éditions Tierce en 1979, la première édition américaine datant de 1941. Une première réédition du texte, moins confidentielle, a lieu peu de temps après, en 1981, aux Éditions du Seuil, puis il faut attendre 1997 pour l’édition de poche aux Éditions Payot & Rivages, et 1999 pour une édition en gros caractères aux Éditions Corps 16. Le texte français de 1979 est revu, corrigé et augmenté par Gregory Monro en 2007 pour une nouvelle édition chez Rivages poche et la diffusion du texte s’accroît alors.

Calamity Jane, Lettres à sa fille, Paris, Rivages, coll. « Rivages poche. Bibliothèque étrangère », 2007 (édition revue et augmentée), traduction de Marie Sully et Gregory Monro.

9La première édition de poche connaît un certain succès dans les milieux enseignants par le biais du bouche à oreille mais c’est le travail de recherche de Gregory Monro et sa réédition de 2007 qui ont contribué à la reconnaissance actuelle du texte. S’il n’existe pas pour l’instant d’édition spécifique pour les scolaires, avec des notes, un lexique et une chronologie par exemple (un travail d’accompagnement du texte que le professeur fera donc lui-même dans le cadre du cours dès que nécessaire), le texte est désormais présent dans certains manuels scolaires (cf. 2.3.). Il est donc passé du statut de texte militant à celui de texte pédagogique, lorsque certaines revendications féministes sont devenues des acquis dans la société française.

10Dans le cadre de l’étude du texte en collège, on ne rentrera pas dans ces détails de l’histoire de l’édition du texte mais on pourra néanmoins dire aux élèves que le texte a d’abord été diffusé non seulement comme un témoignage sur la condition des femmes au xixe s. au Far West mais aussi comme un texte sur les droits des femmes dans le monde et à toutes les époques.

1.2. Calamity Jane, entre légende et vérités

11Il ne s’agira pas ici de raconter toute la vie de Calamity Jane mais de donner quelques repères à l’enseignant, qui devra se reporter au moins à l’ouvrage de référence suivant, qui permet une meilleure connaissance de ce personnage complexe :

Monro Grégory, Calamity Jane : mémoires de l’Ouest, Éditions Hoëbeke, 2010.

12La vérité historique, lorsqu’elle a pu être établie, incite parfois à nuancer (au minimum) certaines affirmations contenues dans les Lettres à sa fille et la lecture de quelques ouvrages historiques est donc conseillée pour faire la part, lorsque l’information a pu être vérifiée et confirmée ou infirmée, entre réalité et fiction dans l’œuvre. Les informations ci-dessous sont essentiellement tirées de cet ouvrage et de celui de Farid Ameur, Héros et Légendes du Far West, et des deux longues émissions de France Inter auxquelles a participé Gregory Monro en 2010 et 2014, des références citées dans la bibliographie complémentaire. Elles ne seront pas forcément utilisées avec les élèves mais elles seront utiles au professeur, pour mieux comprendre l’œuvre.

1.2.1. Naissance, enfance et adolescence de Martha Canary

13Son véritable nom était Martha Can(n)ary. La date traditionnellement donnée pour sa naissance à Princeton, dans le Missouri, est le 1er mai 1852, d’après sa pierre tombale, mais l’enquête de Gregory Monro a permis d’établir, grâce à la découverte d’une feuille de recensement du comté de Mercer3 où a habité un temps la famille, que la petite Martha avait 4 ans en 1860 : elle est donc née en fait en 1856, quelques années après la première grande ruée vers l’or.

14Elle est l’aînée de deux frères et trois sœurs. La famille est installée dans une ferme, dans le comté de Mercer (Missouri). Elle va, semble-t-il, à l’école, jusqu’à leur départ en 1864 pour le Montana car ses parents sont endettés et menacés de poursuites judiciaires pour escroquerie. Pendant le voyage, qui dure cinq mois, elle participe à la chasse avec les hommes. Sa mère meurt pendant le voyage et elle a donc seulement 10 ans lorsqu’elle se retrouve responsable de ses frères et sœurs, les enfants étant délaissés par leur père, joueur invétéré. La même année, la famille émigre à nouveau : direction Salt Lake City (Utah), une ville fondée par des mormons, où son père disparaît en 1868 (on ignore s’il est décédé ou s’il a abandonné sa famille).

15Après avoir essayé de faire vivre ses frères et sœurs en faisant divers petits métiers et avoir refusé d’épouser un voisin, elle se décide à les placer dans plusieurs familles. Elle-même reste un moment dans une famille d’accueil à Piedmont (Wyoming) mais elle fugue ou elle finit par être mise à la porte, en raison de son caractère un peu trop trempé et de sa tendance à délaisser les tâches ménagères pour fréquenter les soldats dans les saloons (elle devient très tôt alcoolique, comme sa mère). Voici la synthèse que fait Gregory Monro de la vie de Calamity à cette période :

Véritable garçon manqué, elle apprend à monter à cheval, à manier le lasso, à vivre au jour le jour en vagabondant de ville en ville. Mais, livrée à elle-même, elle est de tous les excès. Cette jeune fille sans chaperon, qui fume, boit et jure, ne passe pas inaperçue. Son comportement extraverti marque les esprits et l’isole des autres femmes, pour qui elle n’est pas fréquentable. Il est déjà évident qu’elle ne sera jamais une femme au foyer, enchaînée aux corvées du ménage. Sa place, elle se la fera parmi les hommes et les soldats4.

16Il n’est donc guère étonnant de la retrouver rapidement dans les rangs de l’armée.

1.2.2. Calamity Jane et l’armée : origine de son surnom ?

17Elle rejoint ensuite le général Crook, lui-même sous les ordres du célèbre général Custer, peut-être en qualité de scout (guide, éclaireur) mais ce n’est pas assuré et elle a passé moins de temps qu’elle ne l’affirme dans les rangs de l’armée. Elle fait campagne en Arizona contre les Indiens et elle est la première femme blanche à pénétrer dans les Black Hills, alors contrôlées par les Sioux, pour qui ce sont des montagnes sacrées. C’est à cette époque qu’elle commence à porter des habits d’homme. Elle participe à plusieurs campagnes et devient très habile au tir. Elle participe à une expédition dangereuse mais lorsqu’on découvre que c’est une femme, elle doit partir.

18D’après son autobiographie, c’est pendant cette période qu’elle gagne le surnom de Calamity Jane, durant un affrontement avec des Indiens, lorsqu’elle sauve la vie de son capitaine, qui lui aurait dit, en plaisantant : « Je vous baptise Calamity Jane, l’héroïne des plaines. ». Ce surnom ne l’aurait plus jamais quittée. Mais, quelques années après la mort de Jane, le capitaine Egan (ou Eagen) a démenti cette histoire, se souvenant juste d’une femme excentrique, expulsée de son armée pour mauvaise conduite. Dans les Lettres5, il est indiqué que ce serait Wild Bill qui lui aurait donné le premier ce surnom mais il est également fait mention du capitaine. À moins que l’anecdote ne soit qu’une réécriture littéraire valorisante, pour contrebalancer un qualificatif dépréciatif qui viendrait finalement bien de son comportement excentrique et sa fréquentation constante des hommes, des saloons, de l’alcool et du tabac, de ses jurons ponctuant régulièrement ses phrases, de ses habits d’homme6, de son attrait pour les armes à feu et de son refus de monter en amazone, ou même de son statut d’orpheline vagabonde, voire de prostituée et de mendiante, à l’occasion7.

1.2.3. Calamity Jane, Wild Bill Hickock et les hommes

19Elle rencontre en juin 1876 William Hicko(c)k, un marshal reconverti en joueur de poker professionnel et marié depuis peu à une propriétaire de cirque. Elle fait la route avec lui jusqu’à Deadwood (Dakota du sud). Puis elle assure la liaison, en qualité de courrier, entre la ville de Deadwood et l’armée qui se trouve encore dans les Black Hills. Le 2 août 1876, Wild Bill Hickock est tué d’une balle derrière la tête par un ivrogne, Jack McCall, dans un saloon de la ville. Hickock et Jane ne se seraient donc côtoyés que quelques semaines. Impossible de savoir avec certitude s’ils ont eu réellement une brève liaison ou si Calamity Jane a transformé cette camaraderie ou cette amitié en amour fou.

20Mais il est presque sûr qu’en dépit de ses affirmations dans les Lettres et de l’existence d’un certificat de mariage (qui semble être un faux), elle n’a sans doute pas été mariée à Wild Bill et la petite Janey à qui les Lettres sont adressées aurait en fait pour père un simple soldat et non ce héros de l’Ouest. Martha Canary aurait été mariée à deux cow-boys : Steers en 1888 puis Burke en 1894. Dans son autobiographie, elle fait de la petite Jessie, née en 1887, la fille de Burk(e), plus fréquentable que le premier mari avec qui elle a entretenu des relations explosives ; mais la découverte par Monro de l’acte du premier mariage prouve, par sa date, que cette enfant, placée dans un couvent en 1896 et adoptée ultérieurement, n’est pas la fille de Burke. Après sa séparation avec ce dernier, elle continuera néanmoins à porter son nom et signera ainsi son autobiographie (« Mrs. M. Burk. Better known as Calamity Jane »).

1.2.4. Naissance d’une légende

21En 1875, à vingt ans à peine, elle fait sa première apparition dans la presse et trois ans plus tard, elle n’est plus considérée seulement comme une célébrité locale mais comme une héroïne nationale. Pendant vingt-cinq ans, de son vivant même, elle est l’héroïne de petits livres de poche à dix cents, les dime novels.

22Contrairement à ce qui est raconté dans l’une des lettres8, elle n’aurait côtoyé ni le célèbre Jesse James ni les frères Dalton ; elle aurait certes passé plusieurs séjours en prison mais pour divers épisodes de trouble à l’ordre public, à cause de son alcoolisme : jamais pour meurtre ni pour vol. On sait en revanche avec certitude qu’elle a risqué sa vie entre 1878 et 1880 pour secourir et soigner des malades lors d’une grande épidémie de variole à Deadwood9, et qu’elle aidait régulièrement les malades, les pauvres et les orphelins, au point d’être parfois qualifiée d’« ange de miséricorde ».

23Elle est engagée au Palace Museum de Minneapolis en 1896 et participe ensuite à plusieurs spectacles centrés sur le mythe de l’Ouest américain en vogue à l’époque. Elle n’a pas fait partie de la troupe du célèbre Buffalo Bill, comme elle l’affirme dans les Lettres, mais a pris part à d’autres spectacles du même genre à la même époque, où elle jouait souvent son propre rôle et passionnait l’auditoire de ses histoires. C’est à cette période qu’elle raconte sa vie à un journaliste qui rédige son autobiographie, qu’elle vend après des spectacles.

1.2.5. Une fin de vie entre déchéance et célébrité

24Elle passe les derniers mois de sa vie comme lingère et cuisinière dans un bordel, près de Deadwood, et meurt, alcoolique et dépressive, le 1er août 1903 (c’est l’une des rares informations sûres de sa biographie). Habillé de blanc et placé dans un cercueil capitonné, son corps est exposé dans l’arrière-salle d’un saloon, où tous les habitants de Deadwood peuvent venir lui rendre un dernier hommage. Ses obsèques sont parmi les plus prestigieuses de l’histoire de l’Ouest et elle est enterrée au cimetière de Mont Moriah à Deadwood, à côté de Wild Bill, selon sa volonté.

25Durant trois décennies, elle tombe dans l’oubli, sans doute à cause de l’image pathétique qu’elle a laissée dans la mémoire de ceux qui l’ont connue en cette période de fin de vie peu glorieuse, puis réapparaît sur le grand puis sur le petit écran, le plus souvent comme personnage secondaire, plus rarement comme personnage principal10. La révélation de l’existence des Lettres à sa fille en 1941, quelques années après le premier film, ajoute désormais au personnage un autre mystère, celui du manuscrit et de sa première propriétaire, Jean McCormick.

1.3. Le mystère du manuscrit retrouvé

26En 1941, à l’occasion de la fête des mères, une certaine Jean McCormick, invitée sur l’antenne de CBS, affirme être la fille de Calamity Jane et détenir des lettres que cette dernière lui aurait écrites, ainsi qu’un certificat attestant le mariage de Wild Bill et Calamity Jane. Mais le doute a fini par s’installer sur la véracité de ces documents, en dépit des efforts de Jean McCormick pour les diffuser. Comme l’écrit Laure Noël dans son article consacré à la première édition Rivages poche,

peu d’historiens américains pensent que ces lettres ont été écrites par Calamity Jane, estimant qu’elle était de toute manière analphabète. Mais curieusement, personne n’a encore réussi à le démontrer de manière probante. D’ailleurs, la propriétaire actuelle11 des lettres, qui fut la première à les publier aux États-Unis en 1952, a fait authentifier l’encre et le papier utilisés comme datant bien du siècle dernier. Quoi qu’il en soit, ces lettres restent étonnamment vraies, aussi bien pour leur contenu que pour leur forme. Avec les informations que l’on a aujourd’hui sur la vie de Calamity Jane, malheureusement trop rares et contradictoires, il n’y a aucun doute qu’elle aurait pu écrire ces lettres. D’autre part, à la différence de tout autre document existant sur elle, principalement son autobiographie dactylographiée de quelques pages, seules ces lettres permettent de dresser un portrait cohérent de cette femme rebelle et volontaire qui voulut tracer sa propre route, emportant avec elle dans la tombe le secret de ses fameuses lettres12.

27Qui était cette femme qui affirmait être la petite Janey des Lettres à sa fille ? Une nouvelle fois, l’enquête minutieuse de Gregory Monro apporte un certain nombre de réponses dans le dernier chapitre de son ouvrage documentaire sur Calamity Jane. Ce que l’on peut reconstruire de la vie de Jean McCormick en ferait la digne fille de Calamity Jane, tant il y a de ponts entre leurs deux vies chaotiques.

28Mariée à un malfrat, Oakes, elle a une petite fille, Betty Jane, kidnappée à 2 ans mais jamais retrouvée. Après son divorce, elle enseigne la calligraphie à l’école publique ; ses compétences en écriture pourraient être un argument en faveur de sa capacité à forger un faux manuscrit de lettres et un faux certificat de mariage mais les expertises graphologiques comparant l’écriture de Jean McCormick et celle des Lettres (et du certificat de mariage entre Jane et Hickock) sont contradictoires. Monro est en désaccord avec les premiers experts convoqués : pour lui, il y a bien une ressemblance entre les deux écritures et l’hypothèse la plus vraisemblable est que Jean McCormick a écrit les Lettres à sa fille.

29Remariée en 1900 avec un sénateur, elle a un enfant mais il meurt dans un accident de bateau. Le sénateur découvre le manuscrit des Lettres et abandonne Jean (qu’il croyait issue d’une famille respectable), pour que sa future carrière politique ne pâtisse pas de cette révélation. Elle part alors comme infirmière bénévole en France en 1916, où elle rencontre un aviateur américain, Ed McCormick, qu’elle épouse le 11 novembre 1918 mais il succombe à ses blessures le jour-même, le jour de l’Armistice. Elle rentre aux États-Unis, vit quelques années dans un ranch puis, à court d’argent, s’efforce de gagner misérablement sa vie en cuisinant pour des vagabonds, des chasseurs ou des ouvriers.

30Après son passage sur les ondes, elle est contactée par un homme qui a connu Calamity et qui était présent lors de l’assassinat de Wild Bill ; il donne un détail (inconnu jusque-là) qui va dans le sens d’une authenticité des lettres (ou d’une documentation autre consultée par Jean McCormick et qui resterait alors pour nous inconnue). L’encre utilisée permettrait de dater le manuscrit de 1877-1898, une période qui correspond aux dates présentes sur les lettres. Pour les partisans du manuscrit falsifié, Calamity Jane était illettrée (parce que toute femme avec ces conditions de vie l’aurait été et que certains qui l’ont côtoyée l’ont toujours vu signer d’une croix) mais rien ne permet de le prouver et il y a, au contraire, des témoignages qui indiquent que Martha a été à l’école, peut-être même jusqu’à l’adolescence et qu’elle savait lire et écrire, mais pas de preuves irréfutables en ce sens non plus.

31De même que Calamity a terminé sa vie en vendant son autobiographie aux touristes, de même Jean vend un fascicule avec les Lettres et raconte son histoire dans un petit musée, jusqu’à la fin de sa vie. D’autres ressemblances étonnantes : la séparation par la mort d’avec le seul homme qu’elles aient vraiment aimé (Wild Bill / Ed McCormick), la séparation par l’abandon ou la mort de leurs enfants, un travail bénévole d’infirmière (épidémie de variole / Première Guerre mondiale) et une fin de vie dans la misère et dans l’oubli. Soit la fille a « copié » consciemment ou inconsciemment ce qu’elle savait de la vie de sa mère, soit l’écrivain a intégré dans les Lettres des éléments qui faisaient écho à sa propre vie mais en les donnant pour des événements de la vie de Martha Canary.

32Jean meurt dix ans après la révélation des Lettres à la radio, en 1951, à 77 ans et sans descendant. Elle est enterrée dans l’indifférence au cimetière de Mountview à Billings (Montana), sans même une pierre tombale, qui ne sera finalement érigée qu’en 1999 grâce à des dons.

33Il reste bien des questions sans réponse assurée, mais qui concernent davantage la science, l’Histoire, que la littérature : Jean McCormick était-elle la fille de Calamity Jane ? Était-elle aussi la fille de Hickock ? Une analyse ADN des trois corps (dont les tombes sont clairement identifiées) permettrait de le déterminer aujourd’hui. Si elle ne l’était pas, a-t-elle délibérément monté une supercherie ou était-elle persuadée d’être leur fille ? D’autres femmes qui se sont revendiquées comme filles ou petites-filles de Calamity Jane l’étaient-elles ? Là aussi, l’ADN pourrait permettre d’établir – ou pas – une généalogie. Le manuscrit est-il de la main de Martha ? Dicté par elle de son vivant ? Le manuscrit a-t-il été élaboré par Jean ? Si c’est le cas, dans quel but ? S’inventer une mère aimante et extraordinaire, une généalogie hors normes ? Et pourquoi avoir laissé des incohérences par rapport à l’autobiographie, qui peuvent amener à douter de sa véracité ?

34Finalement on ne sait pas avec certitude si Calamity Jane a écrit ces lettres ou s’il s’agit, plus vraisemblablement, d’une supercherie littéraire élaborée par Jean McCormick, ni même si cette dernière était vraiment sa fille Janey. Mais il reste quand même, d’un côté, le personnage historique de Calamity Jane, qui a réussi à forger sa légende de son vivant, et, de l’autre, un texte émouvant, encore aujourd’hui, celui des Lettres à sa fille, qui, à défaut d’être les lettres de Calamity Jane, le sont au moins devenues. Que Jean McCormick ait ou non écrit le texte, qu’elle l’ait défendu comme une supercherie littéraire qu’elle avait montée ou comme un texte authentique auquel elle croyait et autour duquel elle aurait construit sa vie ou reconstruit son enfance, qu’elle soit ou non la fille de Martha Canary et de Bill Hickock, qu’elle ait menti ou qu’elle ait cru à son histoire, elle aura réussi indéniablement une chose, comme l’écrit Gregory Monro : « faire entrer dans la légende les Lettres à sa fille de Calamity Jane13 ».

2. Intégration de ce texte dans les programmes de collège ?

35Même si nous n’avons pas de certitude sur l’auteur et les conditions de rédaction du manuscrit, le texte des Lettres présente un intérêt, non seulement pour tout lecteur, qui pourra trouver du plaisir à la lecture des aventures de cette femme étonnante qu’était Calamity Jane et qui pourra s’émouvoir des mots tendres d’une mère séparée de sa fille, mais aussi pour l’enseignant, qui pourra travailler avec ses élèves sur des extraits ou sur l’intégralité du texte, en l’étudiant notamment par le biais du genre littéraire dans lequel s’inscrit le recueil.

36La brièveté du texte – moins de cent trente pages avec un petit format maniable et léger14 et des caractères de taille moyenne – et les phrases généralement simples qui composent les lettres permettent une lecture et une relecture aisées de l’œuvre intégrale (moins d’une heure pour un bon lecteur) et la mise en place de plusieurs activités complémentaires en fonction du niveau de la classe et de son intérêt pour le texte. Le faible coût de l’ouvrage est aussi un intérêt non négligeable pour prévoir en amont l’achat de l’ouvrage en série au CDI.

2.1. Compte rendu d’expérience

37En 2003, lors de notre année de stage, nous avons mis en œuvre, durant une séquence complète, un travail sur les Lettres (en lecture analytique) et son lien avec un album de bande dessinée de la série Lucky Luke,à savoir Calamity Jane de Morris et Goscinny (en lecture cursive). Le but, outre la connaissance du genre épistolaire, était la réalisation d’une exposition dans la salle polyvalente du collège, à destination des enseignants et des élèves, avec une inauguration officielle par Mme le Principal et une présentation orale par chaque groupe de leurs panneaux devant le public. Afin que les parents puissent également prendre connaissance du travail des élèves, l’exposition avec ses accessoires (paille, bottes de cow-boy, plume de vautour, tomawaks, calumet de la paix, etc.) a été ensuite déplacée pendant quinze jours dans la bibliothèque municipale.

38Il s’agissait d’une séquence sur la lettre, dont le support principal était les Lettres à sa fille, mais quelques séances ont porté sur d’autres genres de lettres, notamment sur la lettre officielle, qui a conduit à l’écriture collective, sur une séance, d’une lettre officielle adressée par la classe à Mme le Principal (chaque élève avait d’abord rédigé à la maison sa propre lettre officielle, après la séance précédente qui en expliquait les règles d’écriture). Le temps de travail sur les exposés s’est fait à moitié en cours et à moitié en heures supplémentaires bénévoles au CDI, lors d’heures de permanence, et la motivation des élèves était très grande, à la fois par ce grand projet collectif valorisant et par l’intérêt quasi unanime qu’ils avaient manifesté à la lecture des Lettres. Ils ont eu à prendre des décisions en concertation les uns avec les autres, y compris dans la scénographie de l’exposition (place des éléments dans la pièce et agencement des panneaux sur lesquels étaient accrochés les exposés sur du Canson de couleurs, disposés sur des grilles métalliques). Il s’agissait de confronter autant que possible les informations données par les Lettres à celles présentes dans le Lucky Luke, à travers un certain nombre de thèmes, laissés au choix des élèves (de même que la constitution des groupes) et seule une lecture très attentive des deux œuvres intégrales permettait de faire un travail nourri, tantôt par l’analyse, tantôt par la citation d’extraits visuels et textuels pertinents.La première séquence de l’année portant sur le portrait, l’un des thèmes traités concernait le « portrait physique et moral » de Calamity Jane » (qui s’appuyait aussi sur la vraie photographie, la plus célèbre, du personnage). Il y avait également « les grands repères chronologiques de sa vie » (famille, amis, amours, déplacements), « les différents lieux de vie de Calamity Jane » (matérialisés sur une carte), « Calamity Jane raconte sa vie », « Calamity et son cheval », « Calamity Jane et les Indiens », « Paroles de Calamity Jane sur les hors-la-loi » (les élèves de ce groupe ont ajouté des informations sur Billy the Kid à partir de l’album de Lucky Luke du même nom), « Shérifs et Marshals », « La société et Calamity Jane » (ses rapports avec les hommes et les femmes et la vie quotidienne), « Les recettes du Far West (citées dans les Lettres) » confrontées aux efforts du personnage de BD pour améliorer son absence initiale de talent culinaire (montage de plusieurs cases représentatives de l’évolution du personnage).

39L’expérience s’est révélée très enrichissante : les élèves ont lu avec beaucoup d’attention et d’enthousiasme les Lettres et le Lucky Luke. Pour beaucoup, un tel travail « officiel » sur un album de bande dessinée était une première et même les élèves qui ne manifestaient pas d’ordinaire un grand intérêt pour la lecture ont reconnu avoir apprécié la lecture des Lettres parce que le niveau de langue était accessible et que les histoires extraordinaires vécues par Calamity Jane les avaient intrigués. Mais il faut rappeler que ce travail a eu lieu en 2003. Nous ne disposions alors que de l’édition Rivages poche de 1997, dans laquelle aucun doute n’était émis sur l’authenticité des lettres à Janey. Pour eux comme pour moi, c’était forcément la « vraie » Calamity Jane qui écrivait à sa fille. Et cette empathie explique aussi l’enthousiasme des élèves. Tout travail actuel reposerait sur l’édition de 2007, qui pose la question de l’authenticité. Sans occulter totalement la question, on prendra garde à ne pas ouvrir la séquence par une remise en cause totale du texte, sinon l’intérêt des élèves risquerait d’en pâtir. Cela pourra être évoqué davantage en fin de séquence, en revenant sur quelques passages du texte (les explications sur la possession de l’album, de l’encre, sur l’alphabétisation de Calamity Jane, etc.), ou rapidement en début de séquence avec une étude de la quatrième de couverture.

2.2. Programmes et textes officiels actuels en Français et Histoire-Géographie

40Un travail autour des Lettres à sa fille peut être intégré dans les programmes de Français, d’Histoire des Arts et d’Histoire-Géographie-Éducation civique de quatrième15. On retiendra plus particulièrement :

  • pour le Français, les domaines de la lettre, du théâtre (« faire rire, émouvoir, faire pleurer ») et de l’étude de l’image ;

  • pour l’Histoire des Arts, les domaines des arts du langage, du spectacle vivant (avec « Représentation de la société » et « Expression du moi »), de l’espace, du visuel, du son, du quotidien, et, plus concrètement, les activités suivantes : « Étudier une photographie », « Rendre compte d’une lecture à l’aide d’études d’images », « Étudier un film », Établir des liens entre les œuvres », « Analyser des mises en scène », « Comparer des mises en scène », « Observer un décor de théâtre », « Analyser des adaptations filmiques », « Présenter une comparaison d’œuvres », « Analyser des affiches publicitaires »

  • pour l’Histoire, la partie III sur le XIXe s.;

  • pour la Géographie, la partie I (« Des échanges à la dimension du monde ») et le thème 3 sur les mobilités humaines, la partie II (« les territoires dans la mondialisation ») et le thème 1 sur les États-Unis ;

  • pour l’Éducation Civique, la situation actuelle ou passée en France, autour des thèmes de l’exercice des libertés, des droits et de la justice et de « La sûreté, un droit de l’Homme » pourront faire l’objet de comparaisons ponctuelles avec la vie dans l’Ouest américain du XIXe s. et certaines situations évoquées dans les Lettres.

41Voici ce qu’indique le B.O. consacré aux programmes de collège :

L’enseignement du français donne à chacun les éléments maîtrisés d’une culture nécessaire à la compréhension des œuvres littéraires, cinématographiques, musicales et plastiques. Les lectures conduites en classe permettent d’initier aux mythes, contes et légendes, aux textes fondateurs et aux grandes œuvres du patrimoine. Elles sont aussi associées au travail sur le lexique et à la découverte des formes et des genres littéraires. Elles suscitent la réflexion sur la place de l’individu dans la société et sur les faits de civilisation, en particulier sur le fait religieux16.

42Les Lettres racontent justement la manière dont Calamity Jane a essayé de trouver sa place dans la société. Un autre passage insiste sur l’importance qu’il faut accorder aux images dans le cadre de ce même cours de français :

La lecture des images, fixes ou animées, contribue également à la fondation d’une culture humaniste. Elle favorise la compréhension des œuvres littéraires étudiées en privilégiant des prolongements artistiques et en affinant la perception des contextes historiques et culturels17.

43Il est donc pertinent de retenir une œuvre qui offre un texte intéressant à la fois pour lui-même, par ses thématiques humanistes et son appartenance générique, et par ses transpositions visuelles et sonores, variées et complémentaires.

2.3. Présence des Lettres dans les manuels scolaires actuels ?

44Dix ans plus tard, bénéficiant d’un bon bouche à oreille dans le milieu scolaire et de la mise en lumière du texte avec la réédition de Gregory Monro et ses travaux de recherches, ce petit ouvrage confidentiel a fait son apparition dans au moins un manuel, celui de Français 4e, publié chez Nathan, coll. « Terre des Lettres », paru en 201118, et l’on ne peut que s’en réjouir. On trouve en effet sur trois pages des extraits d’une longue lettre, située à la moitié du recueil19, un questionnaire et des illustrations spécifiques. L’extrait est intégré au chapitre 3 « Lettres de femmes » de la deuxième partie consacrée aux lettres et aux contes du xvii et xviiie s. Suivie d’une lettre d’un écrivain du xxe s, elle est perçue comme un texte complémentaire aux Lettres de Mme de Sévigné, offrant une ouverture vers les siècles ultérieurs.

45Dans ce manuel, le texte introduisant l’extrait ainsi que la synthèse de début de chapitre sur le genre épistolaire mettent l’accent sur la difficulté qu’il peut y avoir à distinguer correspondance réelle et correspondance fictionnelle. Sous l’influence de la dernière édition Payot et des derniers travaux de recherches, la présentation retenue met en doute leur authenticité et l’attribution de leur écriture à Jean McCormick. La date relative mentionnée régulièrement en tête des lettres dans le recueil (ici « Deux ans plus tard ») a été supprimée, ce qui simplifie l’analyse générique du texte dans la mesure où la mention de ce « temps relatif » rapproche le recueil de lettres du journal intime et peut aller dans le sens de l’une des hypothèses de rédaction, celle d’un ouvrage rédigé en une seule fois. En dépit de l’incipit « Ceci n’est pas censé être un journal », le recueil des Lettres à sa fille est peut-être plus proche du journal que de la lettre, ce qu’il est impossible de voir à la lecture du seul extrait du manuel. Si l’on étudie l’ensemble de l’œuvre, il conviendra quand même d’évoquer rapidement avec les élèves la spécificité de ces Lettres à sa fille dans le cadre du genre épistolaire.

46Les documents complémentaires de la lettre retenue dans le manuel Nathan sont les suivants : on trouve, avec une dimension très réduite, l’une des vraies photos de Calamity Jane en habits d’homme, mais pas la plus célèbre, et dessous une notice biographique succincte (que l’un des exercices propose de compléter, dans le cadre du B2i, par des recherches sur Internet sur « les femmes célèbres ») ; sur un tiers de page, l’affiche en couleurs du film musical de 1953 puis, occupant la moitié de la page suivante, un photogramme en noir et blanc de ce même film (Calamity Jane assise sur la diligence, à côté d’un personnage tout à fait secondaire), proposant une image redondante d’une Calamity Jane joyeuse et énergique. Aucune exploitation n’est faite de ces images, qui semblent être juste là comme illustrations. Nous allons donc voir dans la partie suivante qu’il est néanmoins possible de mettre en œuvre aisément des activités pédagogiques nombreuses et variées autour des « images » de Calamity Jane.

3. Quelques ressources et activités autour des Lettres à sa fille

3.1. Retour sur le texte : pistes complémentaires

47En Français, pour l’étude de la langue, on peut travailler sur le lexique spécifique du Far West et sur la polysémie (par exemple, « diligence »). Le travail du lexique en classe de quatrième concerne, plus généralement, le vocabulaire des sentiments et celui du jugement. Les suggestions du B.O., « travailler avec un réseau de mots » comme « misère et bonheur », « la critique sociale » ou « l’expression du moi » conviennent bien à l’étude des Lettres. L’étude des niveaux de langue est aussi révélatrice du personnage de Calamity Jane car elle utilise parfois des insultes et une syntaxe un peu relâchée, surtout quand elle s’énerve.

48Comme travail individuel d’écriture, on peut proposer la rédaction de lettres entre Jane et sa fille ou le père adoptif Jim ou encore tout autre personnage réel ou imaginaire qu’aurait pu croiser Jane. Ce peut être aussi son portrait ou la description d’un lieu marquant de l’histoire (la ville de Deadwood, par exemple) ou encore le développement du récit d’un épisode particulièrement marquant, illustrant bien l’un de ses traits de caractère, par exemple son courage, sa générosité ou son humour. On peut aussi proposer l’écriture d’un dialogue avec l’invention de l’interview de Jane à un moment de sa vie où elle est déjà célèbre (comme l’entretien qu’elle avait réellement eu dans les dernières années de sa vie avec le journaliste qui en a tiré son autobiographie), ou même l’écriture d’une scène de théâtre ou de bande dessinée, en transposant le texte narratif en répliques théâtrales ou en bulles de dialogue ou en cartouches narratifs, en proposant comme exemples des extraits de la pièce de Jean-Noël Fenwick ou des bandes dessinées Calamity et Martha Jane Cannary.

3.2. Calamity Jane, source d’inspiration pour les arts et la littérature

49Un tel travail implique une réelle difficulté, celle des copyrights. Il conviendra de les respecter en faisant des demandes aux ayants droit pour usage pédagogique non commercial et de ne pas utiliser des images en dehors de la classe. Il faut exclure une mise à disposition du document sur l’intranet ou l’extranet de l’établissement, y compris en cas d’absence d’un élève ; s’il est possible de le faire le temps de la séquence pédagogique, il peut être compliqué de maîtriser sa non-diffusion ultérieure. Il est donc plus prudent de s’en abstenir20.

50La figure 1 présente une synthèse de la plupart des œuvres consacrées à Calamity Jane (avec la photographie centrale de la vraie Martha Canary, non numérotée). Il est exclu d’utiliser toutes ces ressources en classe ; à l’enseignant de faire les choix les plus pertinents pour sa séquence et pour sa classe. Il ne s’agit ici que d’une présentation de la richesse du sujet, afin d’épargner quelques recherches personnelles chronophages.

51Suivant le temps dont on dispose dans la séquence et le niveau de la classe, on peut demander aux élèves de retrouver à quoi correspondent les images, en masquant dans un premier temps la légende pour ne pas orienter leur analyse, et en leur demandant de déterminer également le domaine littéraire ou artistique concerné (la liste correspondant aux « bulles » devra être affichée) et en fournissant si besoin des indices. Si l’on manque de temps, il est envisageable également de leur donner accès au contenu de la légende mais dans le désordre. Techniquement, on peut fournir aux élèves, en salle informatique, un fichier de type Power Point contenant les données à organiser (une diapositive avec les « bulles » et une autre avec les images – avec ou sans les chiffres – et leur document final devra être sur une seule diapositive bien organisée). Cette recherche peut se faire sur Internet (dans le cadre de la formation au B2i) et sur papier (en laissant à disposition le livre-documentaire de Gregory Monro, Calamity Jane : mémoire de l’Ouest).

Image2

Fig. 1 : Diversité des transpositions littéraires et artistiques autour de Calamity Jane.

(1) Lettres à sa fille, Calamity Jane ©Rivages Poche, 2007.

(2) Calamity Jane avait deux filles, A. de Poncheville ©L’École des Loisirs, 2007.

(3) La Légende de Calamity Jane, P. Morelli ©Contre Allée – Warner Bros., 1998.

(4) Cotton Kid 1. Au nom de la loi et de Mr Pinkerton, Pearce, J. Léturgie et C. Liéron ©Vents d’Ouest, 1999.

(5) Calamity, S. Fontaine ©BFB éditions, 2004.

(6) Martha Jane Cannary, M. Blanchin et Chr. Perrissin ©Futuropolis, 2012.

(7) Calamity Jane, R. Goscinny et Morris ©Dupuis, 1967.

(8) Robin Weigert dans Deadwood, D. Butler ©HBO, 2004-2006.

(9) Anjelica Houston dans Buffalo Girls, R. Hardy ©CBS, 1995.

(10) Jean Arthur dans The Plainsman, C.B. DeMille ©Paramount, 1936.

(11) Yvonne de Carlo dans Calamity Jane and Sam Bass, G. Sherman ©Universal, 1949.

(12) Sylvie Testud dans Lucky Luke, J. Huth ©UGC 2009.

(13) Doris Day dans Calamity Jane de D. Butler ©Warner Bros., 1953.

(14) Ellen Barkin dans Wild Bill de W. Hill ©United Artists, 1995.

(15) Jane Russell dans The Paleface de N.Z. McLeod ©Paramount, 1948.

(16) Catherine Rétoré dans le spectacle Lettres de Calamity Jane à sa fille (mise en scène : G. Chatelain) ©Cie d’Après la pluie, Théâtre Lucernaire, 2012.

(17) Dominique Birien dans Calamity Jane. Lettres à sa fille (mise en scène : C. Drouelle et D. Birien) ©Cie de la Mine d’Or, L’Auguste Théâtre, 2009.

(18) Clémentine Célarié dans le spectacle Calamity Jane de J.-N. Fenwick (mise en scène : A. Sachs) ©Théâtre de Paris, 2012.

52Certaines « bulles » ne pourront être reliées, à ce stade, à une illustration, c’est notamment le cas des chansons. On peut également se limiter à la présentation de la diversité des transpositions de la légende de Calamity Jane en affichant le document précédent. Les fichiers des élèves seront évalués et corrigés mais ne pourront être conservés au-delà de leur utilité pédagogique immédiate, par respect des copyrights. Il est possible de ne pas citer l’auteur d’une œuvre directement si le retrouver constitue justement le but de l’exercice pédagogique.

53En utilisant la figure 1 ou la figure 2 ou en élaborant un document du même type (avec des images tirées de certaines des œuvres citées dans la légende de la figure 1), on peut ouvrir la séquence de lecture analytique du livre par l’élaboration collective, à l’oral, d’hypothèses sur le personnage de Calamity Jane : « Quel portrait peut-on faire de Calamity Jane à partir des images suivantes ? Quelles ressemblances et quelles différences observez-vous ? Qu’apprenez-vous sur son caractère ? Avez-vous la même impression sur elle dans toutes les images ? ». On notera soigneusement leurs idées et on les confrontera à l’impression qu’ils ont eue après la première lecture personnelle intégrale de l’œuvre à la maison ou après une première lecture ensemble de la lettre initiale du recueil.

Image3

Fig. 2 : Portrait(s) de Calamity Jane.

(1) Calamity Jane (âgée d’environ vingt ans, vers 1875).

(2) The Paleface de Norman Z. McLeod ©Paramount, 1948.

(3) Calamity Jane and Sam Bass de George Sherman ©Universal, 1949.

(4) Calamity Jane de David Butler ©Warner Bros., 1953.

(5) Calamity Jane (couv.) deRené Goscinny et Morris ©Dupuis, 1967.

(6) Calamity Jane (p. 47) deRené Goscinny et Morris ©Dupuis, 1967.

(7) Lettres à sa fille de Calamity Jane ©Rivages Poche, 2007.

(8) Robin Weigert incarnant Calamity Jane dans la série Deadwood de David Butler ©HBO, 2004-2006.

(9) Calamity (couv.) de Sylvie Fontaine ©BFB Éditions, 2004.

(10), (11) et (12) Martha Jane Cannary tomes 1, 2 et 3 (couv.) de Matthieu Blanchin et Christian Perrissin ©Futuropolis, 2008, 2009 et 2012.

Images fixes : photographies, affiches de western et bandes dessinées

54On utilisera en priorité les photographies de Calamity Jane, habillée en homme et en femme, non seulement pour leur valeur historique (le personnage, la société américaine du xixe s. et l’histoire de la photographie) mais aussi parce qu’elles sont libres de droits. Elles sont disponibles sur Wikimedia Commons21. Les affiches de western sont faciles à trouver sur la toile (avec des titres français variables, qui sont répertoriés dans la note 10). On pourra demander l’achat au CDI des œuvres suivantes :

Goscinny René et Morris, Lucky Luke 30. Calamity Jane, Marcinelle-Charleroi, Dupuis, 1967, 47 pages.

Fontaine Sylvie, Calamity, BFB Éditions, 2004, 82 pages.

Blanchin Matthieu (dessin) et Perrissin Christian (scénario), Martha Jane Cannary 1. Les Années 1852-1869, Paris, Futuropolis, 2007, 125 pages.

Blanchin Matthieu (dessin) et Perrissin Christian (scénario), Martha Jane Cannary 2. Les Années 1870-1876, Paris, Futuropolis, 2009, 124 pages.

Blanchin Matthieu (dessin) et Perrissin Christian (scénario), Martha Jane Cannary 3. Les Années 1877-1903, Paris, Futuropolis, 2012, 109 pages.

Et éventuellement :

Van Banda Lo Hartog et Morris, Lucky Luke 61. Chasse aux fantômes, Marcinelle-Charleroi, Dupuis, 1992, 49 pages.

Pearce (dessin), Léturgie Jean (scénario) et Liéron Cyril (couleurs), Cotton Kid 1. Au nom de la loi et de Mr Pinkerton, Issy-les-Moulineaux, Vents d’Ouest, 1999, 46 pages.

55L’idéal serait d’obtenir l’achat du Lucky Luke en série pour un travail en classe (un album pour deux élèves, si besoin, pour diminuer le coût).

56On pourra comparer lettres et BD autour de deux thèmes importants : « Calamity Jane raconte sa vie » (en utilisant les BD de Goscinny-Morris, Fontaine et Blanchin-Perrissin) et « Intégration des Lettres à sa fille dans Calamity et Martha Jane Cannary », en analysant les choix narratifs et graphiques des passages où le personnage est mis en scène en train de dire ou d’écrire sa vie. Si l’on veut éviter l’étude de cases isolées afin de mieux faire comprendre les spécificités du langage de la BD, on pourra retenir les passages suivants : dans Calamity Jane, les planches 4 et 5, avec l’intégration graphique et textuelle, dans l’intrigue principale, d’un récit en analepse fait par le personnage de Jane ; dans Calamity, les planches 12 à 14, 62 et 77 et 78 avec une mise en scène narrative et graphique de la plus célèbre photographie de Calamity Jane et également un retour en arrière; dans Martha Jane Cannary, les pages 20 à 22 (sur la naissance de la célèbre photographie) et 34 à 36 (mise en image de Calamity Jane écrivant les premières lettres à Janey).

57Le 2e Lucky Luke présente un intérêt ponctuel pour l’intégration, à la fin de l’album, de documents historiques sur Calamity Jane (reproduction d’une photographie différente de celle de l’autre tome et d’illustrations des dime novels mais sans légende) ; le reste de l’histoire sera éventuellement utilisé pour mettre en place quelques liens avec le premier tome, notamment l’explication sur son surnom de Calamity Jane aux pages 20, 21 et 24 (car cette aventure n’a presque aucun lien avec la « vraie » Calamity Jane). Dans Cotton Kid, il s’agit seulement d’une exploitation parodique des clichés véhiculés par le personnage de Calamity Jane, pour construire celui d’une autre vieille cowgirl, qui se vante d’être encore plus terrible que la « Reine des plaines ». L’album ne présente pas d’intérêt direct pour un travail autour de Calamity Jane et peut donc être simplement proposé en lecture facultative au CDI.

Images mobiles

58Les westerns sur grand écran ou leur revival pour le petit écran (répertoriés dans la note 10) ne présentent pas un grand intérêt pédagogique lorsque l’on travaille sur les Lettres à sa fille. Nous les avons en revanche utilisés précédemment comme images fixes dans les figures 1 et 2. Si l’on veut diffuser un court extrait, on privilégiera soit le film de Cecil B. DeMille, très réussi d’un point de vue narratif et esthétique et moins violent que les westerns récents mais qui n’a pas de lien avec les Lettres, soit Buffalo Girls, une mini-série en deux parties22, tout public, qui ne présente aucune originalité dans la mise en scène et la réalisation mais qui permet des liens avec notre texte en raison de la voix off de Jane-Angelica Houston, qui intervient régulièrement comme narratrice de lettres adressées à Janey23.

59Deux vidéos très courtes peuvent être diffusées dans leur intégralité en classe : l’une, disponible sur le site de l’INA24, est la présentation (un peu précieuse) de la première édition Rivages des Lettres (sans aucune remise en cause de leur attribution à Calamity Jane), l’autre, disponible en visionnage sur le site d’Arte, est une présentation générale – moderne, dynamique et humoristique – du personnage. Les deux vidéos sont complémentaires. La diffusion de la première vidéo peut être suivie d’une rapide discussion sur les quatrièmes de couverture des deux éditions Payot, qui permettent de bien voir que notre vision de l’œuvre a changé et que règne désormais « l’ère du soupçon » concernant l’auteur des Lettres.

60Un complément très intéressant à la lecture personnelle ou collective des Lettres à sa fille peut se trouver dans la diffusion de courts extraitsde la captation d’un spectacle de 2012 au Lucernaire où les lettres étaient récitées, jouées, par une narratrice seule sur scène25, à partir du texte de la 2e édition Payot. Un spectacle du même genre (lecture théâtralisée par une narratrice-actrice) a eu lieu en 2009, avec la compagnie de la Mine d’Or26 ; des extraits sont disponibles sur Internet mais il n’existe pas de DVD commercialisé, à notre connaissance. On peut d’abord solliciter les élèves pour savoir comment ils feraient pour concevoir un spectacle à partir du texte des Lettres ; on peut leur montrer ensuite des extraits en cohérence avec les lettres étudiées en classe. Le choix artistique de la lecture théâtralisée peut être comparé à un extrait de la pièce, très différente, de Jean-Noël Fenwick27, Calamity Jane (un « western tragi-comique » selon l’auteur), dont la nouvelle version a fait l’objet d’un bref reportage au journal télévisé, ce qui offre également une ressource pour « L’Éducation aux Médias et à l’Information » (EMI) au collège, inscrite désormais dans la loi d’orientation et de programmation28.

Barrot Olivier (présentation), 1 livre 1 jour n° 1593– Calamity Jane : Lettres à sa fille, France 3, 1997, 2’. Disponible sur URL : <http://www.ina.fr/video/CPC98000810> (consulté le 23 février 2014). Sur la 1re édition Payot.

Dronet Simon (graphisme), Metropolis – La Petite Histoire de Calamity Jane, Arte, 2010, 2’37. Disponible sur URL : <http://videos.arte.tv/fr/videos/la_petite_histoire_de_calamity_jane--3572942.html> (consulté le 23 février 2014). À la suite de la 2e édition Payot et de l’ouvrage documentaire de Gregory Monro.

Tézé Sébastien (réalisateur) et Chatelain Gérald (metteur en scène), Lettres de Calamity Jane à sa fille (captation du spectacle en public), Paris, L’Harmattan/le Lucernaire/Compagnie d’Après La Pluie, 2012, 67’. Avec comme texte la 2e édition Payot.

Hardy Rod, Buffalo Girls, CBS Entertainement Production, 180’ (VO) / 157’ (VF), 1995.

BFM TV.com, journal télévisé, sujet « Calamity Jane, le western reproduit au théâtre », 1’28. Disponible sur URL : <http://www.dailymotion.com/video/xos4lj_calamity-jane-le-western-reproduit-au-theatre_news> (lien publié le 17 février 2012 et consulté le 23 février 2014).

61Ajoutons ici quelques informations juridiques sur la possibilité de diffusion de ces médias dans le cadre de l’exception pédagogique. En cas de doute, on peut consulter un correspondant du CLEMI, le Centre de Liaison de l’Enseignement et des Médias d’Information. Pour les extraits de France 3, Arte et BFM TV, les vidéos peuvent être diffusées en intégralité car la date de diffusion de l’émission et la chaîne permettent de voir qu’elles proviennent d’un service de communication non payant (mode hertzien, analogique ou numérique, et/ou TNT gratuite29). Pour les DVD édités dans le commerce, la longueur de l’extrait est limitée à six minutes mais ne peut dépasser le dixième de la durée totale de l’œuvre.

Chansons (par interprète et par ordre chronologique)

62Comme pour la lecture de l’image des figures 1 et 2, il est possible d’ouvrir la séquence avec une séance sur le portrait de Calamity Jane dans la chanson francophone. Nous proposons de faire écouter les chansons, en distribuant ou en affichant les paroles. Retour sur les impressions des élèves après chaque chanson : « quelles ressemblances et quelles différences voyez-vous entre les chansons ? Quelle impression avez-vous sur le caractère du personnage et qu’apprenez-vous de sa vie ? Quelle chanson vous semble donner la vision la plus complète du personnage ? ». On peut aussi choisir de ne retenir que certaines chansons si l’on ne veut pas s’attarder sur cette activité. On se reportera alors aux trois premières chansons d’Anne Sylvestre sur les quatre citées ci-dessous (le spectacle musical de 1989 en compte en fait quatorze30), et aux chansons plus récentes de Maya Barsony (2008) et Camélia Jordana (2010)31. Et s’il faut n’en retenir qu’une, ce sera la « Ballade de Calamity Jane » d’Anne Sylvestre, qui offre le texte le plus riche et le plus complet, comme un reflet de l’engagement de l’auteur-compositeur-interprète féministe pour une figure de femme qui l’a marquée à la lecture des Lettres à sa fille.

63On peut travailler de manière aisée sur quelques notions narratives et énonciatives en lien avec l’image de Calamity Jane qui nous est offerte en demandant aux élèves de préciser qui chante l’histoire et comment ils le savent. On obtient la typologie suivante :

  • Des femmes chantent ou incarnent Calamity Jane :

64Narrateur extérieur à l’histoire avec Jane = 3e pers. sg. : Annie Cordy.

65Narrateur extérieur à l’histoire avec Jane = 2e pers. sg., pour instaurer un dialogue plus intimiste : Maya Barsony.

66Narrateur qui fait non seulement partie de l’histoire mais raconte même sa propre histoire (pour une identification plus forte) avec Jane = 1re pers. sg., pour l’expression directe de l’intime : Anne Sylvestre, Camélia Jordana.

  • Des hommes chantent Calamity Jane :

67Narrateur qui fait partie de l’histoire et raconte sa propre histoire liée à celle de Jane (celle d’un amant qu’elle a abandonné), avec personnage anonyme = 1re et Jane = 2e pers. sg. : Jean-François Coen.

68Comme pour les portraits proposés avec un kaléidoscope d’images, l’impression qui se dégage de ces portraits en musique est que l’on n’a pas un personnage de Calamity Jane mais plusieurs, très différents, en fonction des sources littéraires et historiques utilisées (ou pas).

69Il nous est impossible de reproduire ici, pour des questions de droits d’auteur, l’intégralité des paroles des chansons évoquées dans l’article. Mais elles peuvent facilement être retrouvées sur Internet ou retranscrites à l’écoute.

Cordy Annie, « Calamity », Indien vaut mieux que deux tu l’auras, CBS records, 1970. Paroles de Jacques Mareuil, Jean Le Poulain et Jean Street ; musique de Joss Baselli et Armand Canfora. Éditeur : Cooreman Leonia.

Beugras Anne (dite Sylvestre Anne), « Ballade de Calamity Jane » (4’07), « Berceuse en hiver » (2’39), « Viens, Satan, on nous attend » (1’32), « Regarde-toi, vieille bête » (2’37), La Ballade de Calamity Jane,EPM/Universal, 1989. Paroles et musique d’Anne Sylvestre.

Coen Jean-François, « Calamity Jane », Vive l’amour, Naïve, 2004. Paroles et musique de Jean-François Coen. Éditeur : Birdie Num Num.

Barsony Maya, « Calamity Jane », Femme d’extérieur,RCA/Sony, 2008. Paroles : Maya et Pierre Barsony ; musique : Thierry Stremler. Éditeurs : Blonde Music et Because Éditions.

Jordana Camélia, « Calamity Jane » (3’42), Camelia Jordana, ou clip (4’02), réalisation Jean-Marie Antonini, Sony Music (Jive/Epic), 2010. Paroles et musique d’Abel K1. Éditeur : French Flair Entertainment.

70Dans le cadre de l’exception pédagogique, l’enseignant peut légalement diffuser l’intégralité de ces chansons. Cette autorisation de diffusion dans un cadre pédagogique nous a été confirmée par la Société des Auteurs Compositeurs et Éditeurs de Musique (SACEM). C’est également au catalogue de la SACEM que l’on se fiera pour indiquer les ayants droit si l’on utilise des extraits d’autres chansons en classe32.

Roman jeunesse

71On proposera comme lecture cursive en fin de séquence un roman jeunesse accessible à partir de 12 ans selon l’éditeur (mais cela nous semble un peu jeune, la classe de 4e semble plus adaptée). L’illustration étonnante (un gant de boxe recouvert d’un tissu où l’on distingue des cœurs) et le titre mystérieux ne manqueront pas de susciter des hypothèses de lecture très diverses que seule une lecture attentive de l’œuvre pourra orienter.

Poncheville Alice (de), Calamity Jane avait deux filles, Paris, L’École des Loisirs, coll. « Médium », 2007, 214 p.

72Le questionnaire de lecture suivant pourra être proposé33 :

  • Pourquoi le roman porte-t-il ce titre ?

  • À quels moments de l’histoire parle-t-on de Calamity Jane ?

  • À quel(s) livre(s) de ou sur Calamity Jane est-il fait allusion ?

  • Quels liens cela a-t-il avec les personnages du roman ?

  • À quels endroits du roman avez-vous trouvé des extraits des Lettres à sa fille ?

73Calamity Jane est un personnage si riche que ces quelques pages ne peuvent prétendre à l’exhaustivité sur le sujet mais nous espérons avoir suffisamment montré tout l’intérêt que peut trouver un enseignant en collège à intégrer dans sa programmation annuelle une séquence sur les Lettres à sa fille, en s’appuyant sur les nombreuses ressources originales à sa disposition, et tout particulièrement les bandes dessinées et les chansons, deux arts qui ne sont pas suffisamment utilisés en cours de français.

74Mais la bande dessinée est un genre en soi, une forme littéraire et graphique complexe dont la richesse justifie qu’elle ne soit pas systématiquement cantonnée à une fonction didactique (ou même illustrative, comme dans trop de manuels) et subordonnée systématiquement à une autre œuvre littéraire qui légitimerait alors seulement sa présence en classe. On peut ainsi faire un autre choix pour la séquence, celui de l’étude d’une bande dessinée comme œuvre intégrale, en retenant pour la lecture analytique l’album Calamity Jane de Lucky Luke, qui fait partie du patrimoine de la BD, et en utilisant des extraits des Lettres à sa fille et des autres œuvres littéraires et artistiques comme documents complémentaires.

Word Work File L_419215990

Bibliographie

Calamity Jane et le Far West

Émission de Gelinet Patrice, avec Gregory Monro (invité), 2 000 ans d’Histoire, France Inter, émission du 8 décembre 2010. Durée : 28’06. Disponible sur : <http://www.2000ans.com/2010/12/08/calamity-jane/> (consulté le 8 février 2014).

Émission de Varier Zoé, avec Gregory Monro (invité), L’Heure des rêveurs, France Inter, émission du 7 février 2014. Durée : 49’10. Disponible sur : <http://www.franceinter.fr/emission-lheure-des-reveurs-mais-qui-etait-calamity-jane>.

Ameur Farid, Héros et Légendes du Far West, Paris, François Bourin Éditeur, 2012, p. 112-119.

Fohlen Claude, « FAR WEST », Encyclopædia Universalis [en ligne]. URL : <http://www.universalis-edu.com/encyclopedie/far-west/> (consulté le 15 janvier 2014).

Goavec Rémy et Monro Grégory, « Calamity Jane, une féministe au Far West », Les Personnages de Lucky Luke et la véritable histoire de la conquête de l’Ouest. Les événements qui ont inspiré Morris et Goscinny, hors-série Historia, juillet 2013, p. 78-87.

Jacquin Philippe, Vers l’Ouest : un nouveau monde, Paris, Gallimard, coll. « Découvertes Gallimard/Aventures », 1987.

Rieupeyrout Jean-Louis, Histoire du Far-West, Paris, Tchou, 1967.

Bande dessinée et didactique de l’image

Ministère de l’Éducation Nationale et Centre de Liaison de l’Enseignement et des Moyens d’Information, Médias & Informations, on apprend ! Édition 2013-2014 [dossier d’Évelyne Bevort, Éric Bonneau et al.], Paris, CNDP-CLEMI, 2013. Disponible sur URL : <http://www.clemi.org/fichier/plug_download/46655/download_fichier_fr_medias_information_2013.14.pdf> (consulté le 8 février 2014).

Dossier À l’école de la bande dessinée, Cahiers pédagogiques, n° 506, juin 2013, p. 10-57.

Guyon Laurent, « Le western en bande dessinée », dossier Bande dessinée et littérature graphique – Lire au collège, n° 75, SCÉREN-CRDP Grenoble, hiver 2006, p. 15-22.

Peeters Benoît, Lire la bande dessinée, Paris, Flammarion, coll. « Champs », 2005.

Poslaniec Christian, « Bande dessinée et littérature », dossier La Bande dessinée jeunesse à l’école et au collège – L’École des lettres 2012-2013, n° 3, décembre 2012, p. 3-23.

Quella-Guyot Didier, Explorer la bande dessinée, Marcinelle, Dupuis/SCÉREN-CRDP Poitou-Charentes, coll. « La BD de case en classe », 2004.

Rosenfeld Judith, « Lire une œuvre complète en BD – Le Démon desglaces de Jacques Tardi », dossier BD et album en classe – Lire au lycée professionnel, n° 49, SCÉREN-CRDP Grenoble, automne 2005, p. 5-15.

Tabuce Bernard, « Une urgence iconologique qui dure : l’enseignement de la BD dans les manuels de collège », dans Rouvière Nicolas, Bande dessinée et enseignement des humanités, Grenoble, ELLUG, coll. « Didaskein », p. 25-44, 2012.

Thiébaut Michel, Pour une éducation à l’image au collège, Besançon, CRDP Franche-Comté/Paris, Hachette, 2002.

Notes

1 . Liliane Kandel, « Une édition féministe est-elle possible ? », Clio. Histoire‚ femmes et sociétés, n° 13, 2001, § 3 et 6. URL : <http://clio.revues.org/1544> ; DOI : 10.4000/clio.1544 (mis en ligne le 19 décembre 2008 et consulté le 31 janvier 2014).

2 . Op. cit., le catalogue des Éditions Tierce est établi par L. Kandel dans sa bibliographie de fin d’article.

3 . GrégoryMonro, Calamity Jane : mémoires de l’Ouest, Éditions Hoëbeke, 2010, p. 17.

4 . GrégoryMonro, op. cit., p. 36.

5 . Calamity Jane, Lettres à sa fille, Rivages Poche, 2007, p. 43 (édition de référence).

6 . Calamity Jane était en réalité presque toujours habillée en femme dans sa vie quotidienne ordinaire : elle avait porté des habits d’homme à l’armée, ce qui avait fait sensation, et elle les remettait plutôt comme « habits de scène » pour être mieux reconnue dès que nécessaire.

7 . À l’époque, les proxénètes étaient fréquemment appelés des « John » et les prostituées des « Jane », cf. John Doe et Jane Doe comme équivalents de nos M. X et Mme X.

8 . Calamity Jane, op. cit., p. 121-122.

9 . L’épisode 6 de Deadwood (HBO, 2004-2006, série créée par David Milch), est consacré à cette épidémie et met en avant le dévouement de Calamity Jane, interprétée par Robin Weigert. Le scénario de l’épisode « Épidémie » (« Plague » en V.O.) est de Malcolm MacRury et la réalisation est confiée à Davis Guggenheim.

10 . The Plainsman (Une aventure de Buffalo Bill)de Cecil B. DeMille – 1936, Paramount, 113 min. •The Paleface (Le Visage pâle) de Norman Z. McLeod – 1948, Paramount, 91 min. •Calamity Jane and Sam Bass (La Fille des prairies / Calamity Jane & son Bandit) de George Sherman – 1949, Universal, 85 min. •The Son of the Paleface (Le Fils du Visage pâle) de Frank Tashlin – 1952, Paramount, 95 min. •Calamity Jane (La Blonde du Far-West / La Terreur blonde) de David Butler – 1953, Warner Bros, 101 min. •Calamity Jane de Dick Altman (TV movie) – 1963, CBS television, 90 min (remake du précédent pour la télévision). •Calamity Jane (TV movie) de James Goldstone – 1984, CBS television, 100 min. •Wild Bill de Walter Hill – 1995, United Artists, 98 min. •Buffalo Girls (TV movie/mini-série) de Rod Hardy – 1995, CBS Entertainement Production, 157 min (pour la version commercialisée). •Deadwood de David Milch – 2004-2006, HBO, 3 saisons, 36 épisodes de 50 min. •La Légende de Calamity Jane (animation) de Pascal Morelli – 1997, Kids’WB / Canal +, 1 saison, 13 épisodes de 22 min (nous n’avons pu en voir que quelques extraits).

11 . Depuis la publication de cet article, c’est Gregory Monro qui est devenu le propriétaire du manuscrit.

12 . LaureNoël, « Calamity Jane, Lettres à sa fille, traduit de l’anglais par Marie Sully, Paris, Payot et Rivages, 1997 (édition de poche), 114 p. », CLIO. Histoire, femmes et sociétés, n° 10, 1999, § 6. URL : <http://clio.revues.org/269> (mis en ligne le 20 mars 2003 et consulté le 05 février 2013).

13 . GrégoryMonro, op. cit., p. 116.

14 . Dimensions de l’ouvrage : 11 cm × 17 cm.

15 . Il serait également possible, suivant le niveau de la classe en anglais, de mener un projet interdisciplinaire en faisant traduire aux élèves quelques passages de l’autobiographie avec le/la collègue angliciste.

16 . Programmes du collège, programmes de l’enseignement du français, B.O. spécial n° 6 du 28 août 2008. URL : <http://media.education.gouv.fr/file/special_6/21/8/programme_francais_general_33218.pdf> (consulté le 23 février 2014).

17 . Op. cit.

18 . CatherineHars, Jean-CharlesBoilevin, Claire-HélènePinon, VéroniqueMarchais, Français 4e, Nathan, coll. « Terre des Lettres », 2011, p. 83-85

19 . L’extrait du manuel correspond aux pages 58 à 64 de la réédition Payot.

20 . On consultera avec profit les ressources juridiques accessibles sur le site d’Éduscol, du CLEMI et du CNDP (pages consultées le 23 février 2014). : URL : <http://eduscol.education.fr/numerique/textes/reglementaires/aspects-juridiques/droit-auteur>, URL : <http://eduscol.education.fr/internet-responsable/se-documenter-publier/visualiser-projeter-des-contenus/faire-jouer-lexception-pedagogique.html>, URL : <http://www.clemi.org/fr/>, URL : <http://www.cndp.fr/savoirscdi/societe-de-linformation/cadre-reglementaire/le-coin-du-juriste.html> ; et plus particulièrement les entrées : URL : <http://www.cndp.fr/savoirscdi/societe-de-linformation/cadre-reglementaire/le-coin-du-juriste/exception-pedagogique-les-accords-en-2012.html> URL : <http://www.cndp.fr/savoirscdi/societe-de-linformation/cadre-reglementaire/le-coin-du-juriste/14-questions-a-propos-des-nouveaux-textes-relatifs-a-lexception-dite-pedagogique.html>, URL : <http://www.cndp.fr/savoirscdi/societe-de-linformation/cadre-reglementaire/le-coin-du-juriste/utilisation-des-ressources-musicales-en-classe.html> Il est également possible de se former sur le sujet en consultant les différentes parties du module « Le droit d’auteur et le droit à l’image » d’Évelyne Moreau et Sophie Lorenzo (Mines, Nantes) accessible sur URL : <http://www.pairform.fr/PFRes/Droits/web/co/droit_web.html>.

21 . URL : <http://commons.wikimedia.org/wiki/Calamity_Jane?uselang=fr> (consulté le 23 février 2014).

22 . Cette mini-série de 1995 est adaptée du roman du même nom sorti en 1990 et écrit par Larry McMurtry. Elle a été amputée ensuite de presque une heure, semble-t-il, pour être commercialisée comme un « film de télévision » en une partie (nous n’avons eu accès qu’à cette version). Cette biographie fictive a été publiée en français sous le titre La Ballade de Calamity Jane, aux Presses de la Cité en 1992. Elle est très largement inspirée des Lettres à sa fille, y compris d’un point de vue générique car le roman est entrecoupé de lettres adressées à Janey. Les « Buffalo Girls » du livre, parce qu’elles côtoient Buffalo Bill, sont, outre Calamity Jane, son amie Dora Dufran et Annie Oakley.

23 . Dans la VF, le film commence ainsi : « Chère Janey, dans mes jeunes années, avant que tu ne sois née… » : parmi les œuvres citées dans la note 10, c’est bien la seule cette œuvre dont l’histoire est centrée sur la figure maternelle. On peut retenir les passages sur la naissance de Janey (33’), son abandon au capitaine (35’), la première mise en scène de Jane écrivant les lettres avec son encre qui gèle (52’), dont nous transcrivons une partie du texte de la voix off : Janey chérie, Ce sacré froid est insupportable. Je dois mettre l’encre dans le pot de café pour la dégeler sinon elle devient  comme de la pierre. Mais il faut que j’écrive ces lettres pour que tu puisses en savoir un peu plus sur moi. […] Quand on passe son temps à errer comme je le fais, on peut mourir très vite. Une gentille petite fille comme toi ne doit pas lire tout ça. Mais plus tard, quand tu seras grande, j’espère que tu pourras lire ces lettres et que tu apprendras qui était ta mère. Martha Jane.

24 . Les conditions d’utilisation des vidéos de l’Institut National de l’Audiovisuel sont précisées sur le site : URL <http://www.ina.fr/pages-carrefours/conditions-generales-d-utilisation>. Il est ainsi indiqué qu’il est permis à l’enseignant de diffuser ce type de « contenu audiovisuel et sonore », en visionnage direct sur le site ou après téléchargement (ce qui est le plus pratique pour éviter les incidents dus aux problèmes de connexion) mais cette autorisation ne vaut que « dans le cadre strict des cours, examens et ateliers pédagogiques […] dispens[és] en classe, à l’exclusion de tout autre type de représentation auprès de [ses] élèves ou d’un autre public. Cette faculté ne concerne pas les autres documents et produits proposés par l’éditeur (DVD, phonogrammes, ouvrages écrits, produits multimédias...) et les produits dits de photo édition. »

25 . Catherine Rétoré dans le spectacle Lettres de Calamity Jane à sa fille (mise en scène : Gérald Chatelain), Compagnie d’Après la pluie, Théâtre Lucernaire, 2012.

26 . Dominique Birien dans Calamity Jane. Lettres à sa fille (mise en scène : Carole Drouelle et Dominique Birien), Compagnie de la Mine d’Or, L’Auguste Théâtre, 2009. Les deux pièces reposent sur la 2e édition Payot.

27 . La pièce a été créée en 1992, avec Agnès Soral dans le rôle de Calamity Jane lors de la première mise en scène (de Jacques Rosny) au Théâtre Montparnasse ; elle a été montée à nouveau en 2012 au Théâtre de Paris par Alain Sachs, avec Clémentine Célarié dans le rôle-titre. L’intégralité du texte de Fenwick est disponible dans la revue L’Avant-scène théâtre n° 901, janvier 1992, p. 3-44. On y lit, à la page 21, un lien net avec les Lettres (l’édition de 1979 ou de 1981) à l’acte I scène 8 puisque l’incipit de la première lettre est intégré, sous une forme légèrement modifiée, à une réplique de Jane : « Jane.- […] Allez je te laisse lire ton journal. (Elle sort de ses affaires un album relié de cuir, un encrier, une plume et se met à se concentrer, bien que bâillant de fatigue. On entend une voix off, sa voix et ce qu’elle écrit) « Janey chérie, ceci n’est pas censé être un journal et il se peut que ça ne parvienne jamais dans tes mains mais j’aime t’imaginer en train de le lire quand je me serai éteignie… éteignée… éteigne… (Elle barre) quand je serai morte. Je suis seule ce soir et fatiguée (Elle s’arrête, se frotte les yeux, repart) C’est ton anniversaire. Tu as quatre ans aujourd’hui mon biquet ! Déjà ! Papa Jim m’a envoyé ta petite photo… Des larmes me viennent… Elle embrasse la photo. » Dans le cadre d’une réflexion sur les spécificités du texte théâtral, il pourra être intéressant de faire lire cet extrait aux élèves, en s’attachant notamment aux didascalies.

28 . L’EMI est l’un des axes prioritaires de la refondation de l’École et prend place dans la nouvelle « stratégie numérique » du Ministère de l’Éducation Nationale.

29 . En cas de doute sur le statut d’une chaîne (gratuite ou payante), on pourra procéder à une vérification sur le site du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel. URL : <http://www.csa.fr/Television/Les-chaines-de-television/Les-chaines-hertziennes-terrestres> (consulté le 23 février 2014).

30 . En 1989, Anne Sylvestre joue et chante au Bataclan dans le spectacle La Ballade de Calamity Jane, une pièce de Jean-Pierre Léonardini, mise en scène par Viviane Theophilides, dont elle a écrit les 14 chansons (nous avons pu en écouter neuf). Les quatre chansons retenues parlent : pour la 1re, de l’enfance, de Bill Hickock, son grand amour, de son surnom de « reine des plaines », des caravanes et des trains, de ses célèbres photos, de ses difficultés financières, de ses rapports conflictuels avec les femmes de Deadwood et de son autobiographie ; pour la 2e, des difficultés pour élever sa fille Janey ; pour la 3e, de son cheval adoré, Satan ; pour la 4e, de la mort de Bill Hickock, de l’adoption de Janey et de sa vieillesse solitaire.

31 . Les deux chansons évoquent la vie difficile dans le Far West pour Jane et la 1re évoque l’abandon de sa fille. Nous n’avons pas retenu La Ballade de Calamity Jane d’Alain Bashung, Chloé Mons et Rodolphe Burger, sortie en 2006, plus difficile d’accès pour des élèves de collège, mais les Lettres à sa fille sont revendiquées comme l’une des sources d’inspiration de cet album-concept, où Bashung et sa femme se font narrateurs de leur propre histoire et des liens intimes du couple, par identification à Wild Bill et Jane, avec l’utilisation des 1re et 2e pers. sg.

32 . URL : <http://www.sacem.fr/oeuvres/oeuvre/index.do>.

33 . La citation liminaire et les pages 130-132, 138-139, 142-146, 164-165 et 171-173 sont à retenir plus particulièrement.

Pour citer ce document

Julie Gallego, «« Ceci n’est pas censé être un journal… » : les récits de vie(s) de Calamity Jane, entre lettres et images», Les Cahiers de Didactique des Lettres [En ligne], Numéro en texte intégral, La place de l'image dans l'enseignement de la littérature, Projets de séances et de séquences, mis à jour le : 30/01/2017, URL : https://revues.univ-pau.fr/cahiers-didactique-lettres/271.

Quelques mots à propos de :  Julie Gallego

Département des Lettres Classiques et Modernes

Centre de Recherche Poétique, Histoire Littéraire et Linguistique

Université de Pau et des Pays de l’Adour