Líneas https://revues.univ-pau.fr/lineas Revue interdisciplinaire d'études hispaniques fr Écocritique et réenchantement dans Temblor de Rosa Montero https://revues.univ-pau.fr/lineas/3751 Dans cet article, nous opterons pour une approche écocritique du phénomène de réenchantement, notable dans la critique écologique et patent dans le roman Temblor (1990) de Rosa Montero. Nous nous interrogerons sur la représentation de la nature, le rôle de l’humain dans son environnement, son rapport à la nature, et sur les valeurs compatibles avec la protection environnementale. Nous relèverons les connexions existantes entre nature et culture, et observerons la manière dont le discours littéraire reflète les nécessaires négociations entre mondes humain et non-humain. Pour ce faire, nous mettrons en évidence les étapes du roman qui mènent au réenchantement. Este artículo propone un enfoque ecocrítico del fenómeno de reencantamiento, fundamental en la crítica ecológica y patente en la novela Temblor (1990) de Rosa Montero. Procuraremos poner de realce la representación de la naturaleza, el papel del ser humano en su entorno, su relación con la naturaleza y los valores compatibles con la protección medioambiental. Pondremos de manifiesto las conexiones existentes entre naturaleza y cultura, y observaremos cómo el discurso literario refleja las negociaciones imprescindibles entre mundos humano y no-humano. Para ello, destacaremos las etapas de la novela que conducen al reencantamiento. ven., 23 juil. 2021 00:00:00 +0200 https://revues.univ-pau.fr/lineas/3751 Laureles sin inmortalidad: el re-encantamiento de la naturaleza en una perspectiva biocolonial https://revues.univ-pau.fr/lineas/3480 El relato se enfoca en el Parque Costero del Sur, provincia de Buenos Aires, Argentina, declarado Reserva Mundial de Biósfera Natural y Cultural por la UNESCO en 1984, categorización refrendada en 2020. Nos interesa relevar la producción de sentidos acerca de la «naturaleza» que surge en las controversias discursivas para fundamentar el pedido a la UNESCO por parte de diferentes actores que participan del proceso. Los laureles nativos y exóticos que pueblan la Reserva nos guían en el contexto particular de discursos que traman el conflicto por el mantenimiento de la Reserva en la membresía de la UNESCO. ¿Quiénes participamos de esa construcción? ¿Cómo lo hacemos? ¿Dónde nos ubicamos? ¿Producimos un discurso «sobre» la naturaleza o nos asumimos como parte de eso vivo y a nuestras relaciones como constitutivas de nosotros y de nuestro entorno? (Núñez, 2018) ¿Enarbolamos la defensa de la biodiversidad o «hacemos con» en articulación con múltiples seres agentes (objetos, otros animales, vegetales…)? (Haraway, 2019). Tomar la segunda dirección en las últimas preguntas sería re-encantar la naturaleza, al asumir una apuesta por el fitoceno y una ontología relacional en la significación del buen vivir. Los laureles, entonces, permitirán hilvanar un relato que incorpore «a las naturalezas como sujeto en la intersección simultánea con la dominación racial, de género y clase en la biocolonialidad» (Beltrán, 2019). Le récit se focalise au Parc Parque Costero del Sur de la province de Buenos Aires, en Argentine. Ce parc fut déclaré Réserve Mondiale de la Biosphère Naturelle et Culturelle par l’UNESCO en 1984, catégorie que fut à nouveau approuvée en 2020. Ce qui nous intéresse est de relever la production de sens sur «la nature » qui surgit lors des controverses discursives entre les différents acteurs participant au processus visant un objectif commun : étayer la demande posée à l’UNESCO. Les lauriers natifs et exotiques que peuplent la Réserve nous guident dans ce contexte particulier des discours qui tissent les enjeux conflictuels pour maintenir le parc dans son statut de membre à l’UNESCO. ¿Qui sommes nous, nous qui participons à cette construction ? ¿Comment le faisons-nous ? ¿Produisons-nous un discours « sur » la nature ou, au contraire, nous nous assumons nous mêmes comme faisant partie du vivant, et reconnaissons nous nos relations comme constitutives de nous-mêmes et de notre milieu? (Nuñez, 2018) Arborons-nous la défense de la biodiversité, ou alors « agissons nous avec », en articulation avec une multiplicité d’êtres agents (des objets, des autres animaux, des végétaux...)? (Haraway, 2019). Choisir la deuxième direction proposée par les derniers couples de questions ci-dessus, serait réenchanter la nature, en s’engageant dans un pari pour le phytocène et pour une ontologie relationnelle dans la signification du Buen Vivir (Bien-vivre). Les lauriers permettront donc de développer un récit qui incorpore « aux natures en tant que sujets dans l’intersection simultanée avec la domination raciale, de genre et de classe dans la biocolonialité » (Beltrán, 2019) The story focuses on the South Coastal Park, Buenos Aires province, Argentina, declared a World Natural and Cultural Biosphere Reserve by UNESCO in 1984, categorization endorsed in 2020. We are interested in surveying the production of meanings about «nature» that arises in discursive controversies to justify the request to UNESCO by different actors who participate in the process. The native and exotic laurels that fill up the Reserve, guide us in the context of speeches plotting the conflict for the maintenance of the Reserve in the UNESCO membership. Who participated in that construction? How do we do it? Where are we located? Do we produce a discourse «about» nature or do we assume ourselves as part of that living thing and our relationships as constitutive of ourselves and our environment? (Núñez, 2018). Do we raise the defense of biodiversity or do we «do with» in articulation with multiple agent beings (objects, other animals, plants…)? (Haraway, 2019). To take the second direction in the last questions would be to re-enchant nature, assuming a commitment to the phytocene and a relational ontology in the meaning of good living. The laurels, then, will allow to weave a story that incorporates «natures as subject in the simultaneous intersection with racial, gender and class domination in biocoloniality» (Beltrán, 2019). jeu., 22 juil. 2021 00:00:00 +0200 https://revues.univ-pau.fr/lineas/3480 O que arde (2019) d’Oliver Laxe : un certain regard sur la forêt galicienne https://revues.univ-pau.fr/lineas/3503 Théorisé en 2010 par les critiques José Manuel Sande, Martin Paley et Xurxo González, le novo cinema galego renvoie à une nouvelle génération de cinéastes se rejoignant par leur façon de voir et d’habiter le monde en s’interrogeant sur la relation entre l’homme et le paysage. Ce dernier constitue par exemple un élément primordial dans le cinéma de Lois Patiño ou Oliver Laxe. Le sujet de notre article concernera plus précisément O que arde (Viendra le feu) le dernier film d’Oliver Laxe réalisé en 2019 distingué par le Prix du Jury « Un certain regard » au Festival de Cannes. S’il s’agit d’une part d’une histoire crépusculaire sur une crise socio-écologique (la fin du monde rural et la destruction de la forêt par les incendies qui ravagent tous les ans cette région de l’Espagne), c’est aussi l’histoire du réalisateur qui se souvient de son enfance dans les montagnes des Ancares à travers des images empreintes d’un profond « réalisme intérieur ». Le film explore de manière subtile la complexité du personnage du pyromane pour faire (re)découvrir au spectateur le lien qui unit de manière intrinsèque l’homme galicien et la nature. Il opère par ce biais une neutralisation de la perte des dimensions sensibles et poétiques propres à une conception désenchantée du monde. Ainsi, entre fiction et documentaire ethnographique, le film livre au spectateur une fable écologique universelle tout en permettant un réenchantement de la relation au monde naturel. Teorizado en 2010 por los críticos José Manuel Sande, Martín Paley y Xurxo González, el novo cinema galego hace referencia a una nueva generación de cineastas unidos por su forma de ver y habitar el mundo cuestionando la relación entre el hombre y el paisaje. Este constituye, por ejemplo, un elemento clave en el cine de Lois Patiño o de Oliver Laxe. El tema de nuestro artículo se referirá más específicamente a O que arde la última película de Oliver Laxe estrenada en 2019 y recompensada por el premio del jurado « Un Certain Regard » en el Festival de Cannes. Si se trata, por un lado, de una historia crepuscular sobre una crisis socioecológica (el fin del mundo rural y la destrucción del bosque por los incendios que asolan esta región de España cada año), también es la historia del director que recuerda su infancia en las montañas de los Ancares a través de imágenes imbuidas de un profundo «realismo interior». La película explora la complejidad del carácter del pirómano para que el espectador vuelva a descubrir el vínculo que une intrínsecamente al hombre gallego y la naturaleza. De esta manera, opera una neutralización de la pérdida de las dimensiones sensible y poética propias de una concepción desencantada del mundo. Así, entre la ficción y el documental etnográfico, la película propone al espectador una fábula ecológica universal y permite un reencantamiento de la relación con el mundo natural. jeu., 22 juil. 2021 00:00:00 +0200 https://revues.univ-pau.fr/lineas/3503 Enchantement, désenchantement et réenchantement des rapports entre l’humain et la nature chez Gabriel García Márquez https://revues.univ-pau.fr/lineas/3520 Dans « La mer du temps perdu » (1961), García Márquez fait de la mer, rejetée par les habitants du village à cause de son hostilité, une source d’émerveillement, d’harmonie, d’apaisement, de régénérescence physique, puis de sérénité permanente, et enfin de richesses inépuisables. Or, six ans plus tard, dans Cent ans de solitude (1967), les Macondiens sont châtiés pour avoir permis à la United Fruit Company, cheville ouvrière de l’impérialisme en Amérique latine, de bafouer les lois naturelles régissant leur village édénique. Le pessimisme de la vision semble total et rejoindre l’analyse du fondateur de l’écologie Aldo Leopold qui affirmait dès 1949 que « nous maltraitons la Terre parce que nous la considérons comme un bien qui nous appartient ». Comment expliquer cette évolution entre les deux œuvres ? A la fin de sa vie, García Márquez laisse cependant une lueur d’espoir. En «El mar del tiempo perdido» (1961), García Márquez hace del mar, rechazado por los habitantes de un pueblo costeño por su hostilidad, una fuente de asombro, armonía, apaciguamiento, regeneración física, y luego de serenidad permanente y finalmente de riquezas inagotables. Ahora bien, seis años más tarde, en Cien años de soledad (1967), se ven castigados los macondianos por haber permitido a la United Fruit Company, el eje del imperialismo en América Latina, burlarse de las leyes naturales que rigen su pueblo edénico. El pesimismo de la visión parece total y unirse al análisis del fundador de la ecología Aldo Leopold, quien afirmó ya en 1949 que «maltratamos a la Tierra porque la consideramos como un bien que nos pertenece». ¿Cómo explicar esta evolución entre las dos obras? Al final de su vida, sin embargo, García Márquez dejó un rayo de esperanza. In «El mar del tiempo perdido» (1961), García Márquez makes the sea, rejected by the inhabitants of a coastal village because of its hostility, a source of wonder, harmony, appeasement, physical regeneration, then permanent serenity, and finally inexhaustible wealth. However, six years later, in Cien años de soledad (1967), the Macondians are chastised for having allowed the United Fruit Company, the head of imperialism in Latin America, to flout the natural laws governing their edenic village. The pessimism of the vision seems total and joins the analysis of the founder of ecology Aldo Leopold who affirmed as early as 1949 that « we mistreat the Earth because we consider it as a good that belongs to us ». How to explain this evolution between the two works? At the end of his life, however, García Márquez left a glimmer of hope. jeu., 22 juil. 2021 00:00:00 +0200 https://revues.univ-pau.fr/lineas/3520 El relato ecosocial en El calentamiento global de Daniel Ruiz García https://revues.univ-pau.fr/lineas/3534 A lo largo del siglo XXI, las cuestiones medioambientales han generado debates en el seno de las humanidades, los cuales han favorecido el nacimiento de un nuevo horizonte temático en la literatura. En esta línea, la reciente novela social española recoge cuestiones tan actuales como el cambio climático, reivindicaciones ecologistas, gestión de recursos naturales e incluso las actuales políticas de sostenibilidad. El calentamiento global (2019) de Daniel Ruiz García es un claro ejemplo de esta tendencia. La obra refleja la prioridad que tiene la industria por el crecimiento económico frente a las cuestiones medioambientales. Sobre esta cuestión, desde una perspectiva ecocrítica, nos proponemos estudiar la problemática socioambiental presentada en la obra así el estilo literario empleado. En este contexto, analizamos el concepto de Encantamiento y el planteamiento que este presenta para el estudio sobre el binomio entre naturaleza y obra literaria. En otro orden de factores, valoramos hasta qué punto novelas como esta avivan una conciencia ecológica mediante la literatura. Au cours du XXIe siècle, les questions environnementales ont suscité des débats au sein des sciences humaines qui, à leur tour, ont favorisé la naissance d’un nouvel horizon thématique dans la littérature. En ce sens, le roman social espagnol le plus récent, sous le couvert de l’écocritique, s’intéresse à des questions aussi actuelles que le changement climatique, les revendications écologistes, la gestion des ressources naturelles et même les politiques de durabilité. El calentamiento global (2019) de Daniel Ruiz García en est un exemple clair. L’intrigue de l’œuvre tourne autour des mauvaises pratiques de l’industrie en matière de protection de l’environnement. À partir de ce roman, nous nous proposons d’identifier le discours écocritique présent et les procédés narratifs employés afin d’obtenir une bonne qualité littéraire. De même, nous analysons la question de l’enchantement et le changement que cette approche implique dans l’analyse des questions liées à la nature dans l’œuvre littéraire. Enfin, nous essayons d’évaluer dans quelle mesure des romans comme celui-ci modifient notre manière de percevoir et d’appréhender les rapports entre la société et l’environnement.Mots-clés: ecocritique, écologisme, environnement, roman social, réenchantement. During the past three decades, the environmental issues have generated debates in the field of Humanities which, in turn, have favoured the birth of new topic in Literature. In this sense, the recent social novel in Spain, under the influence under the wings of Ecocriticism, approaches very up-to-date issues such as the climate change, the ecologists’ claims, the management of natural resources and even sustainability policies. Daniel Ruiz Garcia’s El calentamiento global (2019) is a clear example. The plot of this novel revolves around the mala praxis of industry in relation to the environment preservation. Starting with this novel, we intend to identify the ecocritic speech stated and the narrative resources used to obtain a satisfying literary result. At the same time, we analyse the presence of Enchantment and the change of model that this approach convey when we analyse nature issues in the literary work. Finally, we intend to value the extent to which novels like this can change the way we see and understand the relationship between society and the environment. jeu., 22 juil. 2021 00:00:00 +0200 https://revues.univ-pau.fr/lineas/3534 Lectura desde los confines del mundo: Leñador de Mike Wilson https://revues.univ-pau.fr/lineas/3629 En el presente, la escritura y la inscripción ampliamente concebidas ya no se pueden pensar como propiedad humana exclusiva, y se puede decir que la lectura corre una suerte similar. Pensar estos fenómenos hoy exige reconocer formas de agencia no humanas. En literatura contemporánea, estas transformaciones se manifiestan, por una parte, en una expansión radical de la experiencia de la lectura y, por otra, en la adopción de modelos de escritura que amplían los límites del libro como soporte. Las escenas de lectura del presente ya no evocan las nítidas imágenes de siglos pasados, sino que a menudo se enfrentan a la ilegibilidad y al (re)descubrimiento de otras formas de lectura tanto nuevas como atávicas: lectura de los astros, adivinación, web scraping, minería de datos, entre otros. En Leñador (2013) de Mike Wilson, un ex-boxeador y veterano de guerra deja su Chile natal por los bosques de Yukón. Una vez allí, es recibido por una pequeña comunidad de leñadores y narra el proceso de asimilación a través de una minuciosa, enciclopédica descripción organizada como una base de datos de su nuevo mundo. Entre las entradas se intercalan experiencias de lectura nuevas para el narrador que incluyen la dendrocronología, un almanaque agrícola y la lectura del entorno mediante sus signos. El presente artículo examina la base de datos como estructura junto con estas escenas de lectura para pensarlos en relación con formas de agencia no humanas. À l'heure actuelle, l'écriture et l'inscription, dans le sens large du terme, ne peuvent plus être considérées comme une propriété humaine exclusive ; la lecture subit un sort similaire. Penser à ces phénomènes aujourd'hui nécessite de reconnaître les formes non-humaines d'agentivité. Dans la littérature contemporaine, ces transformations se manifestent, d'une part, par une expansion radicale de l'expérience de la lecture et, d'autre part, par l'adoption de modèles d'écriture qui élargissent les limites du livre en tant que médium. Les scènes de lecture du présent n'évoquent plus les images nettes des siècles passés, mais sont souvent confrontées à l'illisibilité et à la (re)découverte d'autres formes de lecture à la fois nouvelles et ataviques : lecture des étoiles, divination, web scraping, data mining, entre autres. Dans Leñador (2013) de Mike Wilson, un ancien boxeur et vétéran de la guerre, quitte son Chili natal pour les forêts du Yukon. Une fois sur place, il est accueilli par une petite communauté de bûcherons et raconte le processus d'assimilation à travers une description minutieuse et encyclopédique organisée comme une base de données de son nouveau monde. Les entrées incluent de nouvelles expériences de lecture pour le narrateur, y compris la dendrochronologie, un almanach agricole et la lecture de l'environnement à travers ses signes. Cet article examine la base de données en tant que structure à côté de ces scènes de lecture afin de les penser en relation avec des formes d'agentivité non-humaines. In the present, forms of writing and inscription can no longer be thought of as exclusively human properties, and reading can be said to suffer a similar fate. Thinking about these phenomena today requires recognizing non-human forms of agency. In contemporary literature, these transformations are manifested, on the one hand, in a radical expansion of the reading experience and, on the other, in the adoption of writing models that expand the limits of the book as a medium. The scenes of reading of the present no longer evoke the sharp images of centuries past but are often faced with illegibility and the (re)discovery of other forms of reading both new and atavistic: reading the stars, divination, web scraping, data mining, among others. In Mike Wilson’s Leñador (2013), a former boxer and war veteran leaves his native Chile for the forests of Yukon. Once there, he is welcomed into a small community of lumberjacks and recounts the assimilation process through a meticulous, encyclopedic description organized like a database of his new world. The entries include new reading experiences for the narrator, including dendrochronology, a farmer’s almanac, and reading the environment through its signs. This article examines the database as a structure alongside these reading scenes to think about them in relation to non-human forms of agency. jeu., 22 juil. 2021 00:00:00 +0200 https://revues.univ-pau.fr/lineas/3629 Enchantement de la nature, réenchantement de l’homme : renaissance et émerveillement de l’être humain dans Los pasos perdidos https://revues.univ-pau.fr/lineas/3649 Dans Los pasos perdidos (1953), le romancier cubain Alejo Carpentier érige la nature américaine et sa représentation en véritable clef de voûte de tout l’édifice narratif de son récit. Le roman narre, à la première personne, sous la forme d’un journal intime, le périple à travers la forêt amazonienne d’un artiste anonyme, en quête d’instruments de musique primitifs destinés au musée organographique d’une université nord-américaine. A partir de ce schéma narratif, le lecteur se verra alors entraîné, tout au long des 6 chapitres qui structurent le récit articulé autour de trois grands pôles spatiaux (la métropole occidentale, la capitale latino-américaine et les «llanos» puis la forêt vierge) dans la découverte progressive du monde merveilleux de la forêt vierge et de l’Orénoque que Carpentier avait alors pu visiter auparavant lors de deux voyages dont il rapporta le souvenir dans la publication d’une série d’articles journalistiques dans la rubrique «Letra y Solfa» du quotidien El Nacional de Caracas sous le titre générique de «Visión de América». A travers ce récit, le romancier cubain entend souligner le rôle fondamental que joue la nature américaine, non pas comme simple décor, mais comme espace capable de révéler l’essence profonde de l’Amérique latine, à travers son étonnante géographie, ses chemins secrets et ses constantes et de participer au réenchantement de l’être humain, au point de réveiller en lui un élan créateur alors endormi en raison d’une vie vide de sens dans la grande métropole anonyme où il est condamné à vivre En Los pasos perdidos (1953), el novelista cubano Alejo Carpentier hace de la naturaleza americana y su representación la piedra angular de todo el edificio narrativo. La novela narra, en primera persona, en forma de diario, el viaje por la selva amazónica de un artista anónimo, en busca de instrumentos musicales destinados al Museo Organográfico de una universidad norteamericana. A partir de este esquema narrativo, el lector se verá arrastrado, a lo largo de los 6 capítulos que estructuran el relato articulado en torno a tres grandes polos espaciales (la metrópoli occidental, la capital latinoamericana y los «llanos» y luego la selva) en el descubrimiento progresivo del maravilloso mundo de la selva y el Orinoco que Carpentier había podido visitar previamente durante dos viajes. La memoria de estos viajes fue publicada en una serie de artículos periodísticos en la sección «Letra y Solfa» del diario caraqueño El Nacional bajo el título genérico de «Visión de América». A través de este relato, el novelista cubano pretende destacar el papel fundamental que desempeña la naturaleza americana, no como mero escenario, sino como espacio capaz de revelar la esencia profunda de América Latina, a través de su asombrosa geografía, sus caminos secretos y sus constantes, y participar en el reencantamiento del ser humano, hasta el punto de despertar en él un impulso creativo que había estado adormecido por una vida carente de sentido en la gran metrópoli anónima en la que está condenado a vivir. In The Lost Steps (1953), the Cuban novelist Alejo Carpentier sets up the American nature and its representation as the keystone of the whole narrative edifice of his story. The novel narrates, in the first person, in the form of a diary, the journey through the Amazonian Forest of an anonymous artist, in search of primitive musical instruments destined for the Organographic Museum of a North American University. From this narrative scheme, the reader will see himself drawn, throughout the 6 chapters that structure the narrative articulated around three great spatial poles (the western metropolis, the Latin American capital and the "llanos" then the virgin forest) in the progressive discovery of the marvelous world of the virgin forest and the Orinoco that Carpentier had been able to visit before during two trips made. The memory of this trip was published in a series of journalistic articles in the "Letra y Solfa" section of the daily newspaper El Nacional de Caracas under the generic title of "Visión de América". Through this story, the Cuban novelist intends to emphasize the fundamental role that the American nature plays, not as a simple setting, but as a space capable of revealing the deep essence of Latin America, through its amazing geography, its secret paths and its constants, and to participate in the reenchantment of the human being, to the point of awakening in him a creative impulse that had been dormant due to a life devoid of meaning in the great anonymous metropolis where he is condemned to live. jeu., 22 juil. 2021 00:00:00 +0200 https://revues.univ-pau.fr/lineas/3649 Tela/arañas vibrando al ritmo del polvo cósmico: redes híbridas de atención en Tomás Saraceno https://revues.univ-pau.fr/lineas/3568 Durante el otoño de 2018, el artista argentino Tomás Saraceno dispuso del Palais de Tokyo (París) para la exposición On Air y las diferentes actividades asociadas a ella. Las arañas y sus telas (tela/arañas) formaron parte de la multitud de colaboradores humanos y no humanos, vivos y no vivos, orgánicos y tecnológicos, terrestres y cósmicos que tramaron esta rica y compleja exposición que buscaba tender de manera colectiva, transdisciplinar e interespecífica redes de atención que hagan posibles otros modos de habitar nuestro frágil planeta. Partiendo de On Air y en diálogo con distintos pensadores, queremos preguntarnos cómo desde el arte es posible propiciar otros regímenes de atención (Despret, Guattari) y otros tipos de interacciones interespecíficas a partir de los cuales generar otros modos de cohabitar. O, dicho de otro modo, como desde el arte se atiende a lo que Haraway (referente para Saraceno) denomina la response-ability del inevitable vivir-con, devenir-con, morir-con. Cuando desde los estudios multiespecies se está apelando a la necesidad de escuchar los modos de vida no humanos (van Dooren, Rose) y Haraway y Despret hablan de Fonoceno, queremos indagar qué papel juega un arte que hace audibles otros mundos sensoriales (von Uexküll, de la Cadena) y otras temporalidades (incluidas las cósmicas). Asimismo, nos preguntamos por el rol de las tecnologías y otros agentes (o actantes) no vivos en estas inauditas conexiones vibratorias en las que estamos inmersos (Latour, Bennet, Tsing). Pendant l'automne de l’année 2018, l'artiste argentin Tomás Saraceno disposa du Palais de Tokyo (Paris) pour l'exposition On Air et les différentes activités qui y sont associées. Les araignées et leurs toiles (toile/araignées) faisaient partie de la multitude de collaborateurs humains et non-humains, vivants et non vivants, organiques et technologiques, terrestres et cosmiques qui ont tissé cette exposition riche et complexe qui cherchait à tendre collectivement des réseaux d'attention transdisciplinaires et interspécifiques rendant possibles d'autres manières d'habiter notre fragile planète. Partant de On Air et en dialogue avec différents penseurs, le présent article cherche à savoir comment il est possible que l’art promeuve d'autres régimes d’attention (Despret, Guattari) et d'autres types d'interactions interspécifiques à partir desquelles générer d'autres modes de cohabitation. Ou, pour le dire autrement, si l'art répond à ce que Haraway (une référence pour Saraceno) appelle la response-ability de l'inévitable vivre-avec, devenir-avec, mourir-avec. Lorsque les études multi-espèces font appel à la nécessité d'écouter les modes de vie non-humains (van Dooren, Rose) et que Haraway et Despret parlent du Phonocène, nous nous proposons d’étudier le rôle joué par un art qui rend audibles d'autres mondes sensoriels (von Uexküll, de la Cadena) et d'autres temporalités (y compris cosmiques). De même, nous nous interrogeons sur le rôle des technologies et autres agents (ou actants) non vivants dans ces connexions vibratoires inédites dans lesquelles nous sommes immergés (Latour, Bennet, Tsing). During the autumn of 2018, the Argentine artist Tomás Saraceno made use of the Palais de Tokyo (Paris) for the On Air exhibition and the different activities associated with it. Spiders and their webs (spider/webs) were part of the multitude of human and non-human, living and non-living, organic and technological, terrestrial and cosmic collaborators who took part in this rich and complex exhibition that sought to weave transdisciplinary and interspecific webs of attention that make possible other ways of inhabiting our fragile planet. Setting up a dialogue between On Air and different thinkers, we want to ask how art makes possible to promote other care regimes (Despret, Guattari) and other types of interspecific interactions from which to generate other ways of coexistence. Or, in another way, how art responds to which Haraway (a reference for Saraceno) names the response-ability of the inevitable live-with, become-with, live-with. When multispecies studies are appealing to the need to listen to non-human ways of life (van Dooren, Rose) and Haraway and Despret discuss Phonocene, we want to investigate the role of an art that makes other sensory worlds (von Uexküll, de la Cadena) and other temporalities (including cosmic ones) audible. Likewise, we wonder about the role of technologies and other non-living agents (or actants) in these unheard vibratory connections in which we are immersed (Latour, Bennet, Tsing). mer., 21 juil. 2021 00:00:00 +0200 https://revues.univ-pau.fr/lineas/3568 « La vie d’un peintre ne suffirait pas... ». L’émerveillement de Humboldt et des artistes voyageurs du xixe siècle devant la nature latino-américaine https://revues.univ-pau.fr/lineas/3612 Cet article étudie la réaction des voyageurs du xixe siècle devant la nature latino-américaine, et s’intéresse en particulier à l’émerveillement que ces voyageurs éprouvèrent devant la beauté de cette nature. Cette étude se base sur le témoignage d'Alexandre de Humboldt et de cinq peintres voyageurs européens (Johann Moritz Rugendas, Robert Krause, Léon Pallière, Ernest Charton et Ferdinand Bellermann). L’émerveillement s’accompagne très souvent d’analogies dans les journaux de voyage de ces artistes, qui doivent par ailleurs reconsidérer leur façon d’appréhender un paysage et adapter leur pratique artistique à de nouveaux sujets. L’émotion devant la forêt vierge provoque également parfois une certaine paralysie chez l’artiste, mais quand il parvient à peindre, c’est souvent pour répondre en tous points aux attentes de Humboldt, qui lui aussi puisa toute son inspiration dans la force de son émerveillement. Le regard émerveillé du peintre renforce finalement la fonction révélatrice de l’art. Este artículo estudia la reacción de los viajeros del siglo XIX frente a la naturaleza latinoamericana, y se interesa en particular en la maravilla que estos viajeros sintieron ante la belleza de esta naturaleza. Este estudio se basa en el testimonio de Alexander von Humboldt y de cinco pintores viajeros europeos (Johann Moritz Rugendas, Robert Krause, Léon Pallière, Ernest Charton y Ferdinand Bellermann). La maravilla va acompañada muy a menudo de analogías en los diarios de viaje de estos artistas, quienes por otro lado tienen que reconsiderar su manera de aprehender un paisaje y adaptar su práctica artística a nuevos temas. La emoción frente a la selva virgen provoca también a veces cierta parálisis en el artista, pero cuando consigue pintar, a menudo satisface totalmente las expectativas de Humboldt, quien él también sacó toda su inspiración en la fuerza de su asombro. La mirada maravillada del pintor finalmente refuerza la función reveladora del arte. This article deals with the reaction of the 19th century travellers in front of Latin American nature, and examines in particular the wonder that these travellers felt in front of the beauty of this nature. This study is based on the account of Alexander von Humboldt and five European travelling painters (Johann Moritz Rugendas, Robert Krause, Léon Pallière, Ernest Charton and Ferdinand Bellermann). The wonder often goes hand in hand with analogies in the travel diaries of these artists, who, besides, have to reconsider their way of apprehending a landscape and adapt their artistic practice to new subjects. The emotion in front of the virgin forest also causes sometimes a certain paralysis in the artist, but when he manages to paint, he often meets the expectations of Humboldt, who drew his inspiration, as well, in the strength of his wonder. The astonished look of the painter finally strengthens the revealing function of art. mer., 21 juil. 2021 00:00:00 +0200 https://revues.univ-pau.fr/lineas/3612 Frontera verde o el regreso al sagrado vientre de la madre tierra https://revues.univ-pau.fr/lineas/3658 La crisis ecológica ha constituido un importante punto de reflexión para todas las disciplinas. La necesidad de cuestionar las relaciones de poder entre hombre y naturaleza establecida por el paradigma moderno resulta evidente. En el campo audiovisual, el auge de plataformas como Netflix ha dado paso a la producción de múltiples series televisivas dedicadas a revelar la dialéctica de la relación hombre/naturaleza a lo largo de la historia. Frontera verde es un ejemplo de estas. Producida por Netflix y dirigida por el colombiano Ciro Guerra, esta mini-serie transmitida en agosto de 2019 nos lleva al epicentro mismo de la amenaza ecológica: la selva amazónica colombo-brasilera. La serie nos muestra el lugar arquetípico de una naturaleza que ha sido explotada y saqueada por un sistema colonial y capitalista. Escenario de luchas y relaciones que permiten la esclavización del hombre, la selva constituye igualmente un lugar sagrado. En efecto, la región amazónica es fuente de riqueza ecológica y de sabiduría ancestral. La selva es el lugar donde convergen los tiempos históricos y la sabiduría eterna de los hombres-árbol, guardianes del pulmón de la tierra y defensores de un modo de vida simbiótico entre humanos y naturaleza. La vuelta a la madre tierra, a un modelo ecológico que retome los principios ancestrales protegiendo la fauna, la flora, y con esto, la vida misma, vuelve a poner en el centro del debate al hombre y al sistema colonial como elementos periféricos dependientes del medio natural para perpetuar su existencia. La crise écologique est devenue un important sujet de réflexion pour toutes les disciplines. Le besoin de questionner les rapports de pouvoir entre les humains et la nature établis par le paradigme moderne semble évident. Dans le champ audiovisuel, le boom des plateformes tel que Netflix a permis la production de diverses séries télévisées dédiées à montrer la relation complexe entre humain et nature tout au long de l’histoire. La Frontière Verte est un exemple de ce type de séries. Produite par Netflix et dirigée par le colombien Ciro Guerra, cette mini-série nous mène à l’épicentre même de la menace écologique : la forêt amazonienne colombo-brésilienne. La série nous place face à un lieu archétypique d’une nature exploitée et saccagée par un système coloniale et capitaliste. Scénario de plusieurs luttes et de rapports qui donnent lieu à l’esclavage, la forêt constitue également un lieu sacré. En effet, la région amazonienne est source de richesse écologique et de sagesse ancestrale. La forêt est un lieu où convergent les temps historiques et la sagesse éternelle des hommes-arbres gardiens de ce poumon de la terre et défenseurs d’un mode de vie symbiotique entre humains et nature. Le retour à la Terre Mère, à un modèle écologique qui reprend les principes ancestraux afin de protéger la faune, la flore, et par ce fait la vie elle-même, remet au centre du débat l’homme et le système coloniale comme éléments périphériques dépendants du milieu naturel pour perpétuer leur existence. mer., 21 juil. 2021 00:00:00 +0200 https://revues.univ-pau.fr/lineas/3658